jeudi, 03 novembre 2022 09:52

CDS : accepter ou pas les modifications d'horaires ? (mail d'un manager ) - 3 novembre 2022

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A titre perso, il me semble que la question se pose autrement (que "faut il voter "Pour" pour avoir un second jour de télétravail ou "Contre" et ne pas avoir le second jour  NDLR).

Eléments de contexte autour de cette demande ponctuelle

En effet, la direction de Société Générale demande, depuis plusieurs années déjà, des efforts d’adaptation des salariés pour « moderniser » la banque ; Ainsi, pour ne citer que les projets du dernier quinquennat, nous avons vécu la transformation de notre modèle opérationnel, la transformation de notre modèle relationnel et maintenant la mixtion du Crédit du Nord avec Société Générale au sein d’une NBDF

A la clé de chaque transformation, des rationalisations, fermetures d’agences, de services et suppressions de postes avec toujours les mêmes conséquences : les agents sont peu (dans le meilleur des cas) ou pas remerciés, sauf à être poussés vers la sortie, ceux qui restent subissant un accroissement systématique de leur portefeuille/charge de travail, principal levier de gain de productivité pour l’entreprise aboutissant chaque année à son lot de « bonnes performances dans un contexte difficile » et remerciements gratuits aux salariés, chevilles ouvrières de ces résultats

Dans le même temps, un dialogue social réduit au strict minimum, des NAO bloquées à un niveau nul dans toutes les acceptations de cette qualification, des dirigeants qui se gavent et toujours plus de ressources redistribuées aux actionnaires

Que penser de la demande de la direction ?

La question des contingences n’en est pas une puisque la direction ne fait qu’informer les partenaires sociaux de cette évolution ; évolution par ailleurs moins disante que la plupart des règlement intérieurs des Centres de Services où sont indiquées des contingences de service souvent plus exigeantes que les nouvelles présentées

Pour les horaires d’ouverture des CDS et l’organisation distancielle/présentielle du travail, il s’agit d’une nième demande d’évolution des temps de travail, aux fins d’une soit disant harmonisation des pratiques en Centre De Service : pourquoi pas ? Cependant, les temps d’ouverture de site n’ont pas été déterminés au hasard Baltazar, mais pour tenir compte historiquement de situations locales différentes, sans jamais que les impératifs business n’aient été ignorés ni sous évalués… Les horaires existants ont bien souvent été déterminés par des optimisations locales, où salariés et directions y trouvaient chacun leur compte. Qu’est-ce qui jusqu’à aujourd’hui ne posait pas problème et en deviendrait un majeur, au point de devenir l’enjeu d’un bras de fer entre direction et partenaires sociaux, avec chantage à la clé ?!

Car en effet, comment appeler autrement cette escroquerie intellectuelle visant à nous faire croire que le passage à 2 jours de télétravail hebdomadaire ne serait possible que si on ouvre ou ferme 15’ avant ou après les horaires actuels ? Et qu’il serait possible, avec les mêmes process bancaires, qu’ils soient opérés à 2 jours de télétravail hebdomadaires là où les salariés ont sagement accepté les oukases de la direction, alors qu’ailleurs les mêmes process bancaires ne pourraient être opérés qu’avec au plus 1 seul jour de télétravail hebdomadaire ?

Billevesées que tout ceci, il s’agit bien de la recherche d’un rapport de force favorable à la direction, sur des demandes au fondement discutable, mais surtout à la méthode brutale, autoritaire, et maintenant frisant avec la négation des instances représentatives du personnel, la direction mettant en œuvre une communication clivante et stigmatisante

Un dialogue social apaisé (mais bilatéral) devrait trouver facilement une issue à ces questions finalement de peu d’enjeu, si ce n’est justement la conduite du dialogue social, sur ce sujet comme sur d’autres (la NAO en étant le dernier triste exemple) où avec le dernier des cynismes, la direction (et plus encore ceux qui aspirent à en être dès que les rats auront quitté le navire les poches pleines) refuse d’entendre les demandes de leurs salariés

En réalité, comment se pose la question ?

Dans ce contexte fortement dégradé, faut-il accepter les demandes de la direction ou s’y opposer ?

Accepter n’est-il pas de faire le jeu une nième fois de la direction et conforter la direction dans son attitude autiste et toujours plus arrogante ?

Refuser n’est-il pas affirmer le « ça suffit » exprimé par nombre d’entre nous, salariés se considérant comme des soldats de plomb sur le champ de bataille des transformations de notre entreprise ?

Il me semble en tous cas que c’est comme cela qu’il faut poser la question

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Lu 555 fois Dernière modification le mercredi, 28 décembre 2022 08:41
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