mardi, 20 octobre 2020 15:45

Formation professionnelle : le point de la situation - 20 Octobre 2020

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Négociation formation - 20 Octobre 2020 

Formation : Présentation aux syndicats – 20.10.2020
Mardi 20 octobre 2020 - 09:30 / 12 :00 – lecture 5’00

Direction : Chloé Alligier - Maeleen Alix - Paul Jorger -  Alexandra Dauvel et Bertrand Lagny  
CGT : Isabelle Boucherat, Florent Binot et Philippe Fournil
CFDT, CFTC, SNB

En Bref :
La direction avait réuni le 20 juin 2019 les organisations syndicales pour leur présenter la révolution générée par la loi Avenir (cf compte rendu ici). Les décrets d’application (comme toutes les lois de l’actuel gouvernement) se faisant attendre, le sujet a été ensuite traité au niveau de la branche pour se conclure par un accord de branche (signé par CFTC, SNB, FO en février 2020 sauf par CGT et CFDT). La crise sanitaire est tombée juste après.           

En septembre 2020, la direction de la SG a tenté de présenter en commission formation du CSEC «un point de situation sur la loi Avenir, l’accord AFB et sa déclinaison à la SG" (cf doc).
Nous avons demandé à discuter sérieusement du sujet avant qu’il ne soit validé par une instance représentative du personnel pour l’éternité…
C’était donc l’objet de la réunion de ce matin. Bertrand Lagny et Paul Jorger étaient accompagnés d’Alexandra Dauvel, de Chloé Alligier et de Maelenn Alix.              
Leur objectif : nous faire avaler une procédure simplifiée devant les instances.
Le nôtre : définir dans un accord, les principes directeurs de la formation, ses grandes orientations et les modalités pratiques indispensables pour répondre aux enjeux d’une formation professionnelle dans un secteur d’activité et une entreprise en constante réorganisation.

Explications :
Après un rapide exposé de la loi Avenir, un focus sur l'accord de branche et une comparaison entre l’accord SG précédent et l’accord de branche (cf document joint), nous sommes donc intervenus sur la nécessité pour tous (salariés, filière RH, représentants du personnel, etc) de mieux appréhender les nouveaux dispositifs. Et d’en définir les déclinaisons locales, spécifiques à la SG qui nous paraissent utiles, voire nécessaires.
Aux questions précises, nous avons pu noter que tous les sujets n’étaient pas très limpides.
Qui finance les VAE ? Qui est le Cep (conseiller en évolution professionnelle) décrit dans la loi et l’accord de branche ? Quid de l'abondement de l’entreprise ? Quels sont les organismes régionaux qui peuvent aider ?         
En fait, nous avons compris que la direction avait bien l’intention de se saisir des sujets qui la préoccupaient, mais n’avaient pas vocation à traiter l’ensemble des dispositions de la loi Avenir, puisqu’elle doit "permettre au salarié d’être acteur de sa propre formation"…. Et donc, dans un premier temps, à se débrouiller tout seul dans ce nouveau contexte disrupté. La direction nous a même invités à taper dans Google « CEP » pour trouver l’interlocuteur privilégié sur la formation que nous espérions à la SG pour répondre aux demandes des salariés.

Pour la direction, « la loi date de septembre 2018, mais les décrets se sont faits attendre. Les impacts ont commencé  en mars 2020 et avec la crise sanitaire, ce n'était pas notre préoccupation première». «Nous avons communiqué sur le CPF (amphi RH, mail, etc)  notamment sur la deadline de fin 2020 pour la conversion des heures de DIF en €. Sur le reste, c'est en construction (notamment sur les formations éligibles au CPF) et présenté à la commission formation. Les différentes BU /SU définissent ce qui sera éligible. C'est compliqué et long à mettre en œuvre. Nous avons moins communiqué sur le refinancement et l'OPCO. La gouvernance a été mise en place en 2020. »

Pour Bertrand Lagny, «le dispositif SG continue de vivre. L'offre de formation est actualisée et la filière RH peut répondre à la demande. La loi Avenir est destinée surtout à un public hors système ou sans emploi mais pas destinée à la cible pour la SG et les salariés du secteur bancaire. En interne, on est encore en phase de construction. »

Effectivement, pour la CGT, les salariés SG ont tout à perdre dans cette nouvelle loi et cet accord de branche.
Les organismes de financement de la formation de la branche ont été élargis (en OPCO, Atlas pour les banques &Co). Ce qui fait que le financement ne leur sera plus prioritaire, loin de là.         
La monétisation du CPF n'est pas plus favorable.
Les CIF disparaissent. Etc…
Parallèlement, les enjeux de formation sont énormes en période d'intenses transformations.
L'enjeux central est donc bien de savoir qui va financer ? Le salarié ou l'entreprise ?
La direction avait déjà prévenu en juin 2020 en résumant la situation par « I want my money back ».

La direction a poursuivi la réunion en proposant un avenant à l'accord pour présenter le nouveau cadre conventionnel dont les modalités seraient renvoyées aux IRP.

Pour la CGT, un avenant technique qui renvoie à la commission formation, n’est pas suffisant. Il ne contient aucune garantie de prise en compte des préconisations que nous pourrions remonter… et elles ne sont pas toutes débiles. Nous avons proposé de cibler précisément un interlocuteur «formation» à la direction des métiers, pour que la filière RH, qui nécessite encore de la montée en compétence sur le sujet (sachant que même les spécialistes du sujet n'ont pas plus de réponses…), ne soit pas seule face à ce travail titanesque.
Pour Bertrand Lagny : «On ne doit pas répondre à toutes les demandes. On doit rester souple.»

Nous avons alors demandé quelles étaient les populations cibles ?      
(prioritaires en termes de financement de la formation et identifiées en tant que telles dans la loi…)

Paul Jorger nous a éclairés en précisant qu’il fallait une réflexion au-delà des populations cibles, en prenant aussi les « compétences cibles » (…. Ex : labellisation des savoirs informatiques). Ce qui est une belle interprétation de la loi, voire un détournement de l’objectif affiché (même si le besoin est sans conteste réel).

Pour la CGT, nous devons donc pouvoir négocier – par exemple - les populations cibles et les compétences cibles …. pour savoir à qui doit bénéficier prioritairement le financement via l'abondement. Et on doit discuter de la répartition de cette enveloppe formation. Les orientations générales de la formation sont d’ailleurs définies et cela doit impacter l'évolution de l'enveloppe.
Pour nous, les principes généraux de la formation doivent être définis dans un avenant et déclinés dans les commissions formation.
Il faut aussi définir à la direction des métiers des interlocuteurs privilégiés pour les salariés (même si pour Bertrand Lagny : « il y a déjà des choses qui existent et que nous ne souhaitons pas inscrire dans le marbre par souci d’agilité (académy, spécialistes par BU/SU,  etc ) ».

Nous attendons un projet d’avenant sur le sujet et une date pour une prochaine discussion sur le sujet.

Mais au final, la direction a résumé sa position : on ne va pas discuter avec vous de la définition des populations cibles (qui auraient besoin de financer leur formation) mais on présentera a minima aux instances les compétences dont les BU /SU ont besoin et qu'il est nécessaire de former. D’autant que ce financement prioritaire est rendu obligatoire dans le cadre de recrutements contraints. CQFD. La boucle est bouclée.

 

froamtionprosg

Lu 281 fois Dernière modification le mercredi, 21 octobre 2020 09:48
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