mercredi, 08 juin 2022 13:43

7ème négociation IRP Vision 2025 : 8 juin 2022 Spécial

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Braderie à la Défense - 8 Juin 2022


Direction : Philippe Perain, Sophie Desloges-Pastoré, Nicolas Isidore, Philippe Jousseaume, Gregory Vincent

CGT : Ludivine Perreaut et Philippe Fournil
SNB, CFDT et CFTC     


Très en dessous des attentes !


En amont de la réunion du 8 juin, la direction avait fait parvenir aux syndicats une nouvelle version du projet d’accord (…le vendredi soir à 21h). Pour la CGT, la rédaction est de pire en pire. Nous sommes face à une proposition de la direction qui est, de très loin, pire que celle laissée par Youssef Bouni, (l’ex directeur des relations sociales) juste avant qu’il soit sorti du Groupe !

«Avec cette configuration d’IRP Régionales, vous jouez sciemment sur la représentation syndicale » avons-nous rappelé à la direction et il semblerait que cet objectif soit partagé par certaines OS qui tentent de racoler parmi nos militants en pronostiquant « la disparition de la CGT et de la CFTC », voire "de la CFDT dans certains endroits"). Cette négociation et ces méthodes ne sont pas loyales.

Mais, le pire reste qu'a nos yeux, on s'éloigne sévèrement des besoins qu'auront les salariés pour les représenter et défendre leurs intérêts dans les vagues qui arrivent. On le mesure concrètement dans les dossiers opérationnels qui font l'objet de la commission économique du CSEC en parallèle de cette réunion.

« Vous prenez des risques en maintenant vos IRP régionales sur le calendrier opérationnel de ce qui va se passer dès à présent. » avons-nous prévenu – à nouveau – la direction.

Pour la direction, « nous avons des divergences de fond, c'est vrai, mais nous maintenons notre position.Blablabla…. »
Après ces échanges, la réunion a permis de balayer les nouvelles propositions de la direction. 
La CFTC s’est inquiétée du manque de transparence de la dévolution des biens des CSE actuels vis-à-vis des organisations représentatives. 
Direction : « mais pour quoi faire ? »

Nous avons assisté à une réunion qui ressemble plus à la braderie de Lille ou au souk de Tunis, plutôt qu’à une négociation sérieuse qui permette véritablement de construire des instances représentatives du personnel à la hauteur des enjeux du projet Vision 2025


Côté Direction : « on ajoute des moyens (+2 heures) pour avoir un volume d'heures significatives pour les élus…. »
CFDT : « c’est pas suffisant, notamment sur les régions au-delà de 2000 salariés. »
Direction : « c'est quoi votre demande ? Vous demandez 37 au lieu de 36 ? »
CFDT : « non, 38 »
Direction : « écoutez, on va faire le dernier effort. On va passer à 37h au-delà de 2000 salariés. On ne peut pas tout avoir. C'est une négo. »
CGT : « on est plus proche du souk de Tunis que d'une négo. On a déjà connu cette situation en 2018 avec l’ancien directeur des relations sociales …. qui s'est finalement fait sortir. »

Le SNB est revenu sur la préparation de la réunion du CSE qui ne doit pas obligatoirement se situer la veille de la réunion de CSE (Et le fait que les heures de transports ne soient pas neutralisées).
Direction : « si ce n’est pas la veille du CSE, ça va poser des problèmes de remboursements et de délais de route. On va réfléchir et on va voir ».

Pour la CGT, nous sommes revenus sur « le choix d'une rédaction très restrictive sur les débats des SSCT (en interdisant la reprise en CSE des débats qui ont eu lieu en SSSCT, cf page 16 du doc) et qui limite donc les prérogatives des IRP… surtout pour une instance qui se limite à 4 réunions avec 5 personnes alors que les enjeux sont énormes dans ces secteurs/activités.
Pour la direction, c'est ceinture et bretelles, vous ne pouvez pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Vous limitez déjà des SSCT (locales ou nationales) dans lesquelles vous refusez systématiquement les points proposés par les élus à l'ordre du jour. »

La CFDT a repris aussi la nécessité de respecter les prérogatives des IRP et des SSCT… et a proposé : « Il faut préciser que les débats auront lieu en CSE si les élus le demandent….
Direction : on va préciser les choses pour vous rassurer.
CFDT : « il faut que le président préside, mais vous ne pouvez pas effectivement le marquer».
Direction : « on passe beaucoup de temps dans les centraux sur des débats qui ont eu lieu en SSCT. »
CGT : « c'est bien tout le problème des IRP que vous mettez en place. Il faut dédier les instances par responsabilités, surtout en période de transformations violentes comme nous allons en connaitre. »
CFDT : nous subissons la disparition des CHSCT.

Pour la CGT, « il est clair qu’on n'est pas au niveau pour les SSCT qui auront la responsabilité de traiter des conditions de travail (notamment dans les CRC et CDS) en proposant une instance qui se réunira "au moins 4 fois par an" avec 3 ou 5 membres. Il y a un gap entre les constats que vous pouvez faire dans les baromètres employeurs sur ces activités et les mesures que vous prenez pour traiter sérieusement les problèmes constatés ! »
Direction : « on applique le code du travail. On fera le point plus tard. »
CGT : « on fera le point mais il sera trop tard…. on aura encore perdu du temps. Tout comme on déplore tous la disparition des CHSCT. En agissant ainsi, c'est clair que vous ne cherchez pas à résoudre les problèmatiques de conditions de travail, mais bien à avoir des signatures à votre projet ».

CFDT : comment on fait pour traiter en SSCT les sujets transverses ? Et qui est le secrétaire de cette instance ?
Direction : on va voir comment on peut rédiger.

SNB : « sans revenir sur les coupes sombres dans les CSE, il faut augmenter le quota d'heures des membres des SSCT car ça ne marchera pas. »
CFDT : « on va mettre en place cet accord pendant 3 années de transformations »
Direction : « ce sont des moyens importants et suffisants. Nous venons encore d'augmenter les heures… on a amélioré nos propositions. »
CGT : « vis-à-vis de la situation actuelle vous coupez sévèrement le nombre d’élus et vous êtes très loin des demandes que vous remontent les élus de terrain. »
SNB : « vous ne pouvez pas signer un accord emploi et ne pas gérer les RPS par les élus … »

CGT : « certaines activités ne seront même plus représentées en termes de RP. »
Direction : « le nombre de RP (124 et 8 en Corse), ce sera de la responsabilité des syndicats ». (hallucinant comme argument, non ?)

SNB : « on vous a demandé des heures en plus pour les RS. »
Direction : « on va vous donner 4 heures par trimestre »
SNB: « c'est pas assez »
Direction : « on va vous donner 2 heures par mois. »

Pour la CGT, nous sommes revenus sur la clause de revoyure (prévue entre signataires seulement !) : « ça n'a jamais été le cas avec les seules organisations syndicales signataires (sauf pour la QVT) ».
Direction : « on est  conformes à nos accords ».
CGT : « c'est faux ! il suffit de connaitre les accords depuis 30 ans pour voir que ce sont des salades. »
SNB : « on n'est pas opposés à la présence des syndicats non signataires. » 
Direction : « on va voir. »

CGT : «On n'a jamais connu un tel niveau de dialogue social en 30 ans. C'est hallucinant ! ... et pourtant, on en a vu des crises !»
Après la pause et la reprise des discussions sur la Corse, les DS et le vote électronique (une usine à gaz), la direction a renvoyé à la réunion du 23 juin. La dernière. 

Officiellement.



manege 

Lu 482 fois Dernière modification le jeudi, 09 juin 2022 09:02
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