L’INDECENT +45% !
Nous l’avions clairement souligné fin 2025 lors de la signature de l’accord NAO par la CFDT, CFTC et le SNB (les « fameux 75% de représentativité » dont se gargarisait la DRH juste avant la trêve de Noël) : non seulement cet accord NAO constituait un scandale, mais il n’était pas compliqué de prédire que la situation allait vite déraper pour devenir insupportable. Dans un contexte de résultats exceptionnels (6 milliards !), comment justifier une enveloppe d’augmentation collective à ZERO et la baisse de celle des augmentations individuelles prévues dans l’accord indigne vanté par la direction ?! Pire encore, alors que le contexte politique et la situation sociale se tendent comme rarement, comment est-il possible d’annoncer une augmentation de 45% de la rémunération de Slawomir Krupa sans que cela paraisse une véritable provocation dont l’indécence démontre le décalage complet entre deux mondes ?! Il y a d’un côté ceux à qui on demande toujours plus, qui subissent les conséquences des suppressions de postes à répétition, à qui l’on impose des conditions de travail de plus en plus contraignantes et qui, pour toute récompense, ont droit au régime sec. Et de l’autre, il y a un DG qui balance des oukazes (sur le télétravail, sur les évaluations, etc.) depuis l’autre rive de l’Atlantique et qui essaie de nous faire croire que 45% d’augmentation ne représentent qu’une simple correction naturelle justifiée par d’obscurs benchmarks ... sans autre formalité. Ou presque. Car toutes ces décisions vont faire l’objet de votes lors de l’Assemblée Générale des actionnaires le 27 mai. Il va alors falloir voter «Pour» (ou « Contre ») le renouvellement du mandat de Slawomir Krupa, validé unanimement par le CA avant les annonces qui ont défrayé les chroniques ces derniers jours. Ces dernières péripéties mettent en question l’incompatibilité entre d’un côté, le renouvellement du DG, son augmentation de 45%, son obstination sur le télétravail, la répartition de la valeur ajoutée en faveur des actionnaires (4,5 milliards pour 2025 de dividendes et de rachats d’actions) et d’un autre côté, le régime sec auquel sont astreints les salariés, au moment même où leur sont faites les annonces et après avoir économisé, récemment entre autres, plus de 800.000 euros sur le dos des alternants !
EN DESSOUS DES ATTENTES
Après l’annonce de 2254 suppressions de postes par Alexis Kohler le 21 janvier, une avalanche de réunions avec les IRP (nationales puis locales) s’est tenue. Entretemps, la CGT a proposé aux salariés concernés de faire le point par teams, avant la clôture du processus légal des consultations fin avril. Ces réunions seront aussi l’occasion d’examiner le rapport de l’expert mandaté sur le sujet. En parallèle, le déploiement des «nouveaux dispositifs d’accompagnement du nouvel accord emploi» (signé par la CFDT, la CFTC et le SNB) se met en place. Ou du moins la communication qui va avec… car pour l’heure, nous avons surtout affaire à des paravents qui en cachent (mal) la vacuité. Nous avions exigé un dispositif d’accompagnement robuste, transversal, interne et localisé en France. Nous avons tout le contraire ! Nous aurons – au mieux – des vidéos générées par l’IA, un numéro vert vers des consultants externes, une cellule de plainte localisée à Bucarest…. Et des conférences pour gérer le stress, faites par Empreinte Humaine, qui rendent le salarié, comme principal acteur, responsable de la situation qu’il subit, tout en levant l’obligation de l’employeur … pourtant bien légale, celle-ci, de veiller à la santé mentale et physique de chacun de ses salariés.
TELETRAVAIL, A VOUS DE JOUER !
Ca y est ! L’enquête sur le télétravail est lancée. C’est le minimum syndical que nous avons obtenu et il faudra ensuite de la pugnacité pour en faire entendre les enseignements. Après le baromètre employeur catastrophique, cette expertise devra être traitée sérieusement. Et ce n’est certainement pas la consultation formelle du CSEC le 16 avril qui va suffire pour traiter le sujet. En attendant, n’oubliez pas d’y répondre et n’hésitez pas à écrire franchement ce que vous avez sur le cœur. Vous avez jusqu’au 13 mars pour le faire.