⚡ Politique Sociale 2025 : décryptage des chiffres que la Direction préfèrerait garder pour elle !
📝 Le cabinet d’experts Secafi, mandaté par le CSEC, vient de remettre son rapport d’analyse de la politique sociale SG 2025. Ce document de 134 pages regorge de données que la Direction ne mettra certainement pas en avant.
La CGT a épluché chaque tableau, chaque courbe, chaque note de bas de page 🧐
👉 Voici ce que vous devez savoir !

L’effectif total de Société Générale (périmètre SGPM) s’établit à 45 731 personnes fin 2025, contre 50 424 fin 2024. C’est une perte nette de 4 693 personnes, soit -9,3% en un seul exercice.
Le rapport Secafi le précise sans ambages : il s’agit de la plus forte contraction des effectifs depuis 2010, date des premières données disponibles.
Pour mesurer l’ampleur de ce recul, voici quelques points de repère :
- 📌 En 2024, la baisse était déjà de -7%, elle s’est donc accentuée en 2025.
- 📌 L’effectif total 2025 est inférieur de 6% à celui de 2022, l’année qui précédait l’intégration du Crédit du Nord.
➡ En d’autres termes, l’absorption du Crédit du Nord n’a pas permis de consolider les moyens du Groupe : elle a servi de prétexte à un épurement massif.
🧨 En deux années seulement (2023-2025), la décroissance totale des effectifs atteint -15,7%, soit 12 fois plus que sur la période 2010-2022 dans son ensemble.
La Direction aime présenter les restructurations comme des ajustements ciblés et maîtrisés. La réalité des chiffres dit autre chose. Aucun pôle n’est épargné.
👉 Retrouvez l'intégralité du rapport d'expertise
⚡ La décomposition par statut révèle une réalité brutale pour les techniciens. Depuis 2010, leur effectif a chuté de -43% au total. En valeur absolue, la réduction des effectifs techniciens est 2 fois supérieure à celle des cadres.
📢 Si la situation 2025 est grave, les perspectives pour 2026 le sont encore plus. Le budget interne du Groupe anticipe une nouvelle réduction de 10,7% des effectifs. Et la DG a clairement désigné sa nouvelle cible : l’encadrement.
La CGT le dit clairement : si rien n’est fait, SGPM aura perdu près de 25% de ses effectifs en trois ans.

🗑 La Direction a vendu le nouvel accord emploi en expliquant que la suppression du chapitre 3 de l’ancien accord (qui garantissait des protections contre les départs contraints, n’avait pas recours à la mobilité obligatoire et contenait de vrais dispositifs seniors) était “une condition indispensable” à la réorganisation du Groupe. Les chiffres démontrent le contraire.
En 2025, les effectifs CDI ont fondu de 4,5% sans aucun plan de licenciements économiques massif. Les réorganisations ont bien eu lieu, partout, dans toutes les BU et SU (SGRF -7,2%, GTPS -6,8%, IGAD -8%…). Réseau et services centraux ont tous été frappés.🎰 Avec l’accord emploi 2026 2028 (signé par la CFDT, CFTC et le SNB), il s’agissait de faire partir les gens pour moins cher, en les privant des garanties négociées de longue date.
La Direction voulait décaper sa masse salariale à moindre coût. Elle y est parvenue, à vos dépens.
Et si “l’attrition naturelle” ne suffit pas à atteindre les suppressions de postes pour atteindre les objectifs de rentabilité ? La réponse est dans les chiffres suivants :
💥 En 2025, les licenciements pour motif disciplinaire ont été multipliés par 2,1 par rapport à 2024. Le cabinet Secafi lui-même qualifie cela de « symptôme d’un durcissement ». En clair : quand on ne peut pas licencier facilement pour raison économique, on cherche la faute. La tolérance zéro devient un outil de gestion des effectifs…
👉 Retrouvez la négociation Emploi 2026 2028
👀 Un licenciement disciplinaire coûte moins cher à l’entreprise qu’un licenciement économique. Quand les licenciements disciplinaires doublent précisément dans une période de réduction massive des effectifs, ce n’est pas une coïncidence à ignorer.
La suppression de la commission paritaire de recours interne en cas de licenciements disciplinaires (CPRI) a eu lieu en juillet 2024. La direction nous disait alors qu’“il n'y aura pas de gestion de l'emploi par un changement de posture en termes disciplinaires. »
Les chiffres disent tout autre chose.
💥On remarquera aussi que les licenciements pour insuffisance professionnelle commencent en 2025 leur ascension et il est vraisemblable qu’en 2026, les “nouveautés” dans le cadre des Evaluations vont accélérer le processus.

🎺 La Direction claironne une hausse de l’intéressement (+41% en moyenne par salarié) et la multiplication de la participation par 5,9 comme une bonne nouvelle.
Ne vous laissez pas aveugler.
Ce que ces chiffres signifient réellement :
- 🔍 Sur la participation, en 2024, elle s’était effondrée à 15 € en médiane. En 2025, elle remonte à… 79 €. Voilà le rebond spectaculaire dont se vante la Direction ! 😅
- 🔍 Sur l’intéressement, la médiane ressort à 3 956 € en 2025. C’est mieux. Mais l’intéressement est par nature aléatoire, lié aux résultats du Groupe, ne constitue pas un salaire et ne compte pas pour le calcul de la retraite. Il ne remplace pas une augmentation. Or, pendant ce temps, 55% des salariés n’ont reçu aucune augmentation de salaire fixe en 2025 (contre 6% en 2024 !). 55% des salariés ont perdu du pouvoir d’achat en 2025. Sur la période 2021-2025, 41% des salariés sont en perte de pouvoir d’achat sur leur salaire fixe.
👊 La politique d’intéressement et de participation ne compense pas l’absence d’augmentations salariales. Elle sert à habiller la vitrine pendant que les salaires stagnent.
Sur la réduction des écarts salariaux femmes/hommes, le Groupe consacre 9 M€ par an. Le résultat : ➡ l’écart ne s’est réduit que de 0,7 point en 2025 et les femmes perçoivent une rémunération en moyenne 12,7% inférieure à celle des hommes.
À ce rythme, il faudra encore de nombreuses années pour atteindre l’égalité — si tant est qu’on y arrive.
👉 Retrouvez les infos de la CGT sur la politique salariale 2025 2026

Le baromètre est sans appel :
💔 bien-être au travail : 5,7/10 (en baisse)
😬 niveau de stress : 6,9/10 (en hausse)
👎 taux d’engagement historiquement faible : 44% (contre 50% en 2024)
⚡ Seuls 33% des salariés estiment que leur santé mentale est suffisamment prise en compte (contre 44% en 2024).
🩹 L’absentéisme repart à la hausse (+5%), avec une explosion des accidents du travail : +24,5% alors même que les effectifs diminuent… Le nombre total d’ALD progresse de +1,2%, principalement au sein de SGRF (+1,3%) alors même que ses effectifs reculent de -7%.
Plus d’arrêts longue durée pour moins de monde, c’est la définition d’une dégradation de la santé au travail.

Signe de la dégradation des conditions de travail, entre 2022 et 2025, le nombre d’affaires prud’homales a augmenté de 85%.
Quand les salariés saisissent massivement les prud’hommes, c’est le signe que le dialogue interne est rompu et que la confiance est brisée.

👉 Retrouvez ici le bilan social 2025
💡 L’expert Secafi pose lui-même la question : « Comment le Groupe entend-il accompagner la croissance des revenus tout en garantissant l’équilibre des salariés malgré la réduction de l’emploi sans générer de points de rupture ? »

🤜 La CGT ne peut pas se contenter de poser la question. Depuis trois ans, la seule réponse apportée est : moins de postes, moins de protections, moins de salaires fixes, moins de formation. Et en échange : un peu plus d’intéressement quand ça va bien, des licenciements disciplinaires et des insuffisances professionnelles quand ça va moins bien.
Ce n’est pas une politique sociale.
C’est une politique d’économie sur le dos des salariés.
🤜 La CGT a déjà demandé de bouleverser le calendrier social pour répondre à l’ensemble de ces enjeux (conditions de travail, qualité de vie, emploi, évaluations, salaires, NAO, égalité professionnelle). Pour l’heure, la demande est restée lettre morte.
Nous vous invitons à nous aider, apporter votre pierre à l’édifice et construire ensemble les réponses à la hauteur de ces enjeux.
[ Retrouvez notre podcast : L'oeil d'iA - Les allumés de l'info : Camille et Julien, nos éditorialistes préférés, commentent notre analyse de la politique sociale. ]