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Les infos du 29 Mai 2026 : AG, les 27% contre les 45% - Et les salariés dans tout ça ?

LES 27% CONTRE +45% 

Mercredi c’était jour d’Assemblée Générale pour les actionnaires de la SG. Et les premiers d’entre eux, c’est nous : avec près de 60 millions de titres et plus de 118 millions de voix, nous pesons collectivement plus de 16% des droits de vote. Et vous étiez cette année environ le triple de l’année précédente à donner un mandat partiel ou total à Emeric Uhring, votre représentant CGT à l’AG, soit un total de presque 2 millions de voix, l’équivalent d’une société de gestion de taille moyenne.  Nous vous remercions chaleureusement de votre confiance ! Parmi toutes les recommandations que nous vous avions faites, il en était une qui était particulièrement emblématique, celle portant sur la résolution 6 au sujet de l’augmentation de 45% du salaire fixe (et par ricochet du variable également) de notre bien-aimé Directeur Général. Comment justifier une telle hausse ? Les résultats financiers sont certes excellents, mais ceux du Baromètre employeur sont calamiteux et ils pèsent malgré tout sur sa rémunération variable au titre de 2025, qui baisse de 1% par rapport à l’année précédente. Et c’est sans doute pour lui éviter pareille déconvenue en 2027 que le Conseil d’administration (malgré l’opposition bien entendu de votre représentant CGT Johan Praud) a décidé de faire exploser l’enveloppe globale prévisionnelle. Si cette résolution est malheureusement passée avec 73% des voix, il faut souligner que, notamment grâce à votre mobilisation, un taux d’opposition historique de 27% a été enregistré soit un doublement par rapport à 2025 (et une norme d’environ 5-7% pour les autres banques). Cela contraint le Comité des rémunérations à rédiger une justification plus détaillée aux actionnaires. Surtout c’est un signal que ce n’est pas en utilisant un panel construit de manière ad hoc qu’il est possible de justifier n’importe quoi. Et il n’y a pas que des cégétistes grincheux pour le penser, car ce score de 27% montre qu’une part non négligeable des investisseurs institutionnels a elle aussi manifesté sa grogne face à l’appétit d’ogre du résident du 35e étage. 

ET LES SALARIES DANS TOUT CA ? 

Interpellée lors de l’AG, sur le contraste entre le ton triomphal utilisé pour justifier l’augmentation du DG et les lamentations habituelles mises en avant en décembre pour refuser toute enveloppe d’augmentation significative, collective ou individuelle, la direction s’est contentée de réponses dilatoires ou évasives. Sauf Lorenzo Bini-Smaghi qui a totalement ignoré la partie salariés, estimant sans doute que nous ne méritions pas son attention. Nous attendons un peu plus de considération de la part de son remplaçant à la présidence du CA. Le verbiage jargonnant sur la RSE qui nous a encore été servi lors de l’AG ne doit pas faire oublier qu’un supplément d’intéressement pesant à peine 1% des résultats (60 millions d’euros) ne représente qu’une goutte d’eau par rapport aux 4,7 milliards distribués aux actionnaires. Selon Slawomir Krupa, les salariés étant les premiers actionnaires, ils devraient se satisfaire de cette performance boursière. Il est pourtant le premier à montrer l’exemple quand il s’agit de réclamer une augmentation de son salaire fixe. C’est bien la preuve que la RAGB demeure le socle indispensable de toute politique de rémunération. Il est donc illusoire de penser que 500 euros, mendiés ici ou là en échange de l’acceptation passive de la dégradation des conditions de travail et du pacte social dans l’entreprise, constituent une victoire pour les salariés. Bien au contraire ! La direction est confortée dans l’idée qu’avec certains interlocuteurs, il suffit de pas grand-chose pour imposer ses diktats. Mais avec la CGT, elle n’essaie même pas.  

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