EN BERNE
Apparemment, il n’y a pas «que la CGT qui trouve à redire» à la situation actuelle (comme l’écrivaient récemment Les Échos). La publication du baromètre employeur permet de mesurer à quel point le malaise est profond. Alors même qu’ils étaient déjà en-deçà des moyennes du secteur bancaire les années précédentes, les principaux indicateurs sont encore en forte chute. Si c’est cela la «People Ambition» de la DRH Groupe, elle est sévèrement sanctionnée par les salariés. La confiance dans les décisions du management du Groupe ressort ainsi à 46% (-8), l’optimisme quant à son avenir personnel à 43% (-9), la recommandation de Société Générale en tant qu’employeur à 56% (-11), la fierté d’appartenance au Groupe à 72% (-6) et le sentiment d’accomplissement personnel à 65% (-5). Ce n’est pas faute d’avoir tiré la sonnette d’alarme et de faire des propositions pour retrouver un environnement sain (sur le télétravail, la politique de l’emploi et son évolution). Sur ce point, 2025 aura été une année charnière et 2026 sera une année de rupture … malgré les messages délivrés par les salariés, notamment dans ce baromètre.
A BAS BRUIT & SANS UN ROND
Rupture notamment sur l’emploi puisqu’à peine signé par la CFDT, CFTC et SNB, l’accord Emploi montre sa vacuité face à la déferlante des restructurations. Difficile de faire de la réassurance, même pour les plus zélés, tant le flou et les incertitudes dominent. Et ce ne sont pas les discours rassurants, qui mettent en avant la gestion des 2254 suppressions de postes dans le temps long (2026 -2027, voire 2028 pour SGRF), qui vont dissiper les inquiétudes des principales populations ciblées par ces réorganisations. Les managers de niveau I, J ou K commencent en effet à comprendre que le repositionnement («recentrage de poste») ou le reskilling ne seront pas les sésames vers un avenir radieux au sein du Groupe. Il se murmure même que certains profils seraient particulièrement visés. Par exemple la direction serait tentée de pousser ailleurs «naturellement» les salariés à la RAGB considérée comme trop élevée et qui pourraient être remplacés par des profils juniors moins onéreux. Bref, la chasse aux seniors serait ouverte ! Avec la tentation du licenciement individuel en guise de chevrotine. Si vos cheveux grisonnent et que vous vous sentez menacé, ne restez pas seul, faites-vous aider et accompagner par un représentant CGT. Un simple conseil est souvent salutaire.
BLITZKRIEG
Pendant que les présentations légales des réorganisations se poursuivent devant les IRP, les contours du «nouveau paradigme» se précisent. Et si nous pouvons nous féliciter de la publication du niveau exceptionnel des résultats (6 milliards en 2025), nous ne pouvons que regretter que la plus grande part (4,6 milliards) aille directement aux actionnaires. Grands artisans de cette réussite, les salariés seront encore réduits à la portion congrue. Après un accord NAO, sans augmentation collective et limité à un supplément d’intéressement réduit, les EAS et les annonces de fin février risquent d’être tendues. Rappelons en effet que, d’après l’accord NAO, les enveloppes individuelles sont en baisse, en particulier celle destinée aux augmentations de la rémunération fixe (RAGB) qui est rabotée de 25% par rapport à l’année dernière ! Dernier conseil : si vous espérez toucher votre variable / bonus en 2026, ne démissionnez pas avant de l’avoir perçu. La SG considère que le variable serait discrétionnaire dans son montant … mais aussi dans son versement.