L’encre de l’accord Emploi ( 2026 – 2028 ) signé par la CFDT, CFTC et le SNB, n’est pas encore sèche que la direction convoque les syndicats, les uns après les autres, pour leur présenter le dossier des réorganisations qui aboutiront à 1.800 suppressions de postes – sans plan d’accompagnement spécifique (par attrition naturelle).
La réunion n'avait pas vocation à partager les bons vœux, bien au contraire. Il aurait fallu pour cela prendre des bonnes résolutions. Et franchement, la dénonciation de l'accord télétravail (et le retour massif sur site) ou le dynamitage des garanties et dispositifs de l'accord emploi sont tout, sauf de bonnes nouvelles pour entamer l'année. En tout cas pas de quoi partager des vœux sans une réelle hypocrisie lors de cette rencontre au sommet montée au dernier moment.
Le dossier officiel sera déposé auprès des syndicats demain matin (jeudi 22 janvier 2026) et la communication de la direction devrait partir en parallèle.
C’est donc avec une très désagréable sensation de faire partie d’une « simple formalité » que nous nous sommes rendus à l’entretien avec Alexis Kohler, encadré de Bertrand. Cozzarolo (co-directeur SGRF), Valérie Migrenne (DRH SGRF) et le duo Anne-Sophie Chauveau-Galas (DRH Groupe)/ Frédéric Claviere (directeur des relations sociales).
Nous l’avons donc clairement dit : « La démarche n’est en soi ni correcte, ni honnête et encore moins constructive ».
Ce n’est pas faute d’avoir réclamé depuis juin 2025, une rencontre pour échanger sur les réorganisations envisagées. Cela aurait permis d’avoir une discussion concrète sur les accompagnements indispensables !
La direction aura donc attendu d’avoir dynamité les garanties et les dispositifs de l’accord emploi 2019 – 2025 avant de nous convoquer. C’est chose faite mi-janvier.
Après la charte sur le télétravail, la direction s’attaque donc désormais aux réorganisations.
Alexis Kohler a ouvert la discussion en mettant en avant la nécessité de passer à une « nouvelle étape » compte tenu de la situation de la banque. Les objectifs affichés au CMD (capital market day) sont largement atteints et « il nous faut maintenant être plus agiles et opérants ».
Pour « continuer la transfo », le projet déposé auprès des syndicats s’inscrit :
- Derrière une « démarche participative » affichée (2000 collègues auraient contribué au dossier et au recensement des initiatives RTS / Mc Kinsey), une volonté de limiter le « span of control » (nombre de salariés sous la responsabilité d’un manager) et diminuer le nombre de strates hiérarchiques ;
- grâce au « nouveau paradigme » que constitue le nouvel accord Emploi (pas de plan, faible niveau de recrutement, montée en puissance des reconversions, création d’un campus métiers mobilité, etc).
Sur plusieurs années, d’ici fin 2027, le projet conduirait à la réduction de 1800 postes sur la base de 40.000 salariés. Pour la direction, le taux d’attrition naturel de 5% et la faiblesse d’ouvertures de postes au recrutement font qu’il n’y aurait pas besoin de dispositifs d’accompagnement que nous connaissions jusqu’à présent (départs seniors, plan de départs volontaires, reclassements volontaires, …).
Anne Sophie Chauveau-Galas a précisé que le dossier déposé concernait la majorité des BU SU (ne seront pas concernés : MARK, SGSS, ni GCOO et PRIV qui ont déjà fait l’objet d’une présentation de transfo ces derniers mois)
Les autres BU SU vont donc présenter des changements d’organisation, en s’appuyant sur des leviers (tels que la digitalisation). La direction s’inscrit dans la durée, a minima 2 ans (voire plus sur SGRF) pour se laisser le temps de gérer les évolutions, notamment via les « bassins géographiques » pour SGRF. Valérie Migrenne a précisé que « tous les collègues auront un poste, en fonction de leur compétence et dans leur bassin d’emploi ». « Nous allons gérer dans le temps, dans la proximité et de manière individuelle ».
Bertrand Cozzarollo a précisé l’état d’esprit de SGRF : «on va rechercher une simplification accrue et davantage de responsabilisation ». Sont donc concernés : le siège national, les plateaux régionaux et les plateaux de DCR. Il subsisterait 3 strates : Agences / Groupes / Régions.
Les agences, les groupes, les CRC et CDS ne sont pas dans le scope du dossier.
SGRF passerait de 11 à 9 régions : Laydernier rejoindrait AURA et Tarnaud serait éclaté sur Rennes (Grand Ouest) et Bordeaux (Sud Ouest)
Les fonctions DCR seraient remontées en région avec une délégation accrue sur les DG
En corollaire :
L’animation expertise serait repositionnée en régional avec la création d’une direction Retail
Le développement (partenariat, conquête, BFM, prescripteurs, partenariats écoles) serait centralisé en région
Plusieurs directeurs de réseau régional superviseraient des « grappes de groupes »
Sur SGRF : 650 suppressions sur les strates locales sont prévues et 340 au siège national
Le risque en CAR remonte en région
Fonctions supports : le risque conformité et risques opérationnels seront regroupés
La direction des engagements en région qui assure le suivi du portefeuille sera aussi en charge de l’octroi pour l’entreprise
Concernant le siège, des équipes pluridisciplinaires vont être constituées rassemblant des profils complémentaires : data, back office, … sur des thématiques comme : crédit immo, EER, KYC, crédit ent, crédit pro…Ainsi que équipes plus petites sur le thème de la succession ou EER pro. On leur fixera des objectifs mais ils devront les atteindre de manière autonome, ce que la direction présente comme un changement de philosophie.
Des plateformes nationales seront constituées, par exemple pour lutte antifraude
Il y aura un rapprochement des équipes digitales et data
Sur la formation, l’Académie des compétences SGRF va remonter dans l’université SG
Pas de calendrier de mise en œuvre préétabli sur SGRF. Il va reposer sur l’attrition naturelle.
Pour la direction, 1500 mouvements par an sur SGRF ont démontré une culture de la mobilité, gage de la réussite du nouveau projet.
Pour la CGT, les dispositions du nouvel accord emploi ne vont pas suffire.
Le détail des autres suppressions de postes va être intégré au dossier déposé demain par la direction.
Calendrier IRP :
Dépôt dossier 22 janvier
Réunion de désignation d’expert à J+7 le 29/01
Calendrier de l’expert pour faire son rapport
Comm éco du CSEC
Puis CSE dans les entités concernées avant la plénière exceptionnelle espérée par la direction fin Avril.