Il en coûte 50 € pour saisir le conseil de prud'hommes
Expert social 23 Avril 2026
La contribution pour l’aide juridique, d’un montant de 50 €, est entrée en vigueur le 1er mars 2026 en application de la loi de finances pour 2026. Elle est due notamment pour une saisine du conseil de prud’hommes. Son décret d’application a été publié au Journal officiel du 8 avril 2026.
Contribution pour l’aide juridique réintroduite par la loi de finances pour 2026
Une contribution pour l'aide juridique d'un montant de 50 € a été réintroduite par la loi de finances pour 2026 (CGI art. 1635 bis ; loi 2026-103 du 19 février 2026, art. 128, II, 2°, JO du 20). Elle est destinée au financement de l’aide juridique.
Un décret du 7 avril 2026 a défini ses modalités de mise en œuvre (décret 2026-250 du 7 avril 2026, JO du 8).
La contribution est perçue pour les instances introduites en matière civile ou prud’homale devant un conseil de prud’hommes ou un tribunal judiciaire. Ainsi, elle s’applique uniquement en première instance (c. proc. civ. art. 62 ; décret 2026-250 du 7 avril 2026, art. 1). Pour une instance aux prud’hommes, elle est due lors du dépôt de la requête.
À noter : la contribution ne s’applique pas à la matière pénale, administrative et commerciale.
Cette contribution est acquittée sous forme de droit de timbre dématérialisé par la personne qui introduit l'instance, c’est-à-dire le demandeur. Pour une instance aux prud’hommes, il peut notamment s’agir, selon la personne qui saisit les juges prud’homaux, de l’employeur ou du salarié (ou de l’avocat pour le compte de son client).
Elle peut être payée sur le site : https://timbres.impots.gouv.fr/.
À noter : le timbre est valable 12 mois à compter de sa date d’achat. Le remboursement peut en être demandé dans un délai de 18 mois s’il n’a pas été utilisé.
La personne redevable de la contribution remet un justificatif de l’acquittement de la contribution par voie électronique lors de la saisine du juge (sauf si elle a demandé l’aide juridictionnelle) (c. proc. civ. art. 62-4 ; décret 2026-250 du 7 avril 2026, art. 1).
Irrecevabilité d’office à défaut de régularisation auprès du greffe
Irrecevabilité d’office à l’expiration d’un délai d’un mois. - Si le justiciable n’a pas payé la contribution, il a un mois à compter de la demande formulée par le greffe pour régulariser la situation. S’il ne s’y plie pas, son action est irrecevable. En d’autres termes, son affaire n’ira pas devant les juges (c. proc. civ. art. 62-5 ; décret 2026-250 du 7 avril 2026, art. 1).
Cette irrecevabilité est constatée d’office par le juge à l’expiration du délai d’un mois (c. proc. civ. art. 62-5 et 850-1 ; décret 2026-250 du 7 avril 2026, art. 1 et 2). Aux prud’hommes, il peut s’agir notamment du président du conseil de prud’hommes.
Ainsi, les parties n'ont pas qualité pour soulever cette irrecevabilité. Elles sont avisées de la décision par le greffe.
La décision d'irrecevabilité peut faire l'objet d’un recours (c. proc. civ. art. 850-1).
Entrée en vigueur de l’irrégularité d’office. - En principe, la contribution pour l'aide juridique est exigible depuis le 1er mars 2026 (loi 2026-103 du 19 février 2026, art. 128, VI).
Toutefois, l'irrecevabilité pour défaut d'acquittement suite à l'absence de régularisation dans le délai d’un mois ne peut être prononcée que depuis le lendemain de la publication au Journal officiel du décret d’application, soit le 9 avril 2026 (décret 2026-250 du 7 avril 2026, art. 8, JO du 8).
Cas dans lesquels la contribution n’est pas due
Par exception, la contribution n'est pas due dans un certain nombre de cas et notamment dans les suivants (CGI art. 1635 bis Q, III ; c. proc. civ. art. 62 ; décret 2026-250 du 7 avril 2026, art. 1) :
- personnes bénéficiaires de l’aide juridictionnelle ;
- procédures d’injonction de payer, y compris l’opposition à l’ordonnance portant injonction de payer ;
- procédures pour lesquelles une disposition législative prévoit que la demande est formée, instruite ou jugée sans frais.
Par ailleurs, lorsqu’une même instance donne lieu à plusieurs procédures successives devant la même juridiction, la contribution n’est due qu’au titre de la première des procédures intentées (c. proc. civ. art. 62-1 ; décret 2026-250 du 7 avril 2026, art. 1). Ainsi, un même justiciable n’a pas à s’acquitter plusieurs fois de la contribution, dans la chaîne judiciaire, pour faire valoir ses droits (Conseil national des barreaux, Fiche pratique « Contribution pour l’aide juridique publication du décret d’application », https://cnb.avocat.fr/actualite/entree-en-vigueur-de-la-contribution-pour-l-aide-juridique-tout-ce-que-vous-devez-savoir). Par exemple, la contribution n’est pas due quand la demande est soumise à une juridiction de renvoi après cassation.
Autre cas où la contribution n’est pas due, celui des procédures ne constituant pas une instance (c. proc. civ. art. 62-2 ; décret 2026-250 du 7 avril 2026, art. 1). Tel est le cas par exemple, pour une procédure d’homologation d’un accord (ex. : homologation d’un accord issue d’une médiation ou d’une transaction).
Décret 2026-250 du 7 avril 2026, JO du 8
