www.cgtsocgen.fr www.cgtsocgen.fr
  • Se Connecter
  • S'inscrire
  • Se Connecter
  • S'inscrire
  • Services Centraux Parisiens

Recommandations de la défenseure des droits et de l’agence française anti-corruption - 23 septembre 2025

Le fichier en pdf se trouve ici

Le lien vers la décision cadre de la défenseure des droits

Le lien vers le guide de l'Agence Française Anti-corruption
 

Comme l’intervention en juillet a fait l’unanimité, nous allons balayer les recommandations de la défenseure des droits sur les procédures de comportements inappropriés.  Ce parcours permettra d’illustrer les évolutions nécessaires dans les processus RH prévus au sein du Groupe.

Avant de commencer, nous ne pouvons passer à côté d’une citation de notre futur ex-Président du Conseil d’Administration : “Nous portons une attention particulière aux sujets de Culture & Conduite. C’est un enjeu stratégique que de protéger l’image du Groupe et de veiller à ce que chacun des collaborateurs, à tous les niveaux, agissent avec intégrité au quotidien dans l’intérêt de nos clients, de nos parties prenantes et de nos actionnaires. Lorenzo Bini Smaghi, Président du Conseil d'administration”

La CGT a déjà demandé d’avoir des post-mortem d’enquête, pas toujours avec succès.  Lorsqu’il s’en est réalisé un et de mémoire, le seul, nous avons été sagement écoutés et puis nous nous sommes vus indiquer que “merci mais on ne changera rien”.

Le code SG du 30 juin 2025, C.3358 précise que le C3 est secret.

Lors de l’envoi d’un courriel classifié C3, l'outil informatique a ajouté “Ce message est classifié [C3].  Ce message ne doit pas être transmis à des personnes autres que les destinataires initiaux sans le consentement du propriétaire de l’information”. 

La CGT a déjà demandé à la Direction Générale (Directeur Général, DRH Groupe, Inspecteur général, Secrétaire Général) de faire un audit “non censuré” sur la procédure des alertes (Sapin II et Harcèlement en premier lieu). Cette demande a été faite le 3 septembre 2021 en C3.  Mais… des tiers au message ont bien interpellé l’auteur, le 1er octobre 2021, pour lui parler de son message sans que le propriétaire de l’information n’ait donné son consentement d’où sa surprise. Quand on vous dit que la confidentialité est quelque chose de très sérieux dans la banque. 

Des exemples de ce type se multiplient alors que dans le même temps et pas plus tard que le 31 juillet 2025, la Direction d’IGAD se plaindra, par un message à l’ensemble de l’effectif de la SU, d’avoir des documents C2 et C3 qui traînent dans leurs locaux.  Quand la Direction vous dit que tout cela est sérieux, il faut croire la Direction !

La CGT rappelle également à la direction l’article 1121-1 du code du travail “Nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché.”

La CGT demande à la direction si sur ces bases légales, elle estime pouvoir restreindre les demandes qui concernent les alertes au titre de la loi Sapin II que la Direction confond allègrement.  On vous invite à relire une intervention de la CGT précédemment dans ce CSE, par exemple lors de la séance du 29 mars 2022.

La Défenseure des droits a publié le jeudi 6 février 2025 une décision-cadre sur le recueil des signalements et l’enquête interne en cas de discrimination, ce qui inclut le harcèlement sexuel, dans l’emploi privé et public. Cette décision-cadre recommande aux employeurs publics et privés une méthodologie pour mener des enquêtes internes respectueuses des principes de confidentialité, d’impartialité, d’objectivité et de rigueur.  Regardons tout cela de plus près !

Lors de différents moments, nous nous référons également au Guide pratique “Les enquêtes internes anticorruption” du parquet national financier co-rédigé par son Directeur et le Procureur de la République. Nous évoquerons ainsi l’AFA - Agence Française Anticorruption - dans le propos.

 

1. La Défenseure des droits préconise que la cellule d'écoute et le dispositif de signalement soient facilement accessibles au travers de différents canaux : email, par une adresse dédiée, téléphone, éventuellement chat en ligne et/ou accueil physique. L'externalisation ou la mutualisation du dispositif ne devra pas imposer aux personnes qui le saisissent de devoir se déplacer dans une autre commune par exemple.

Un échange par mail est aujourd’hui possible. Nous n’avons rien constaté à date sur l’existence d’un numéro de téléphone dédié, un tchat voire d’un accueil physique

L’AFA précise qu’il faut veiller à sécuriser juridiquement la procédure pour pouvoir en tirer le cas échéant les conséquences disciplinaires et judiciaires.  Il a pourtant été constaté que les “experts” de l’outil d’alerte n’hésitaient pas à se rapprocher des acteurs du périmètre incriminé avant même de rencontrer le lanceur d’alerte. En matière de “sécurisation de la procédure” le dispositif au sein du Groupe Société Générale semble hautement perfectible.

 

2. La Défenseure des droits recommande que la cellule d’écoute et le dispositif de signalement soient largement accessibles à l’ensemble des agents et salariés (contractuels en CDD ou CDI, fonctionnaires) et notamment aux intérimaires, stagiaires, apprentis, volontaires en service civique, bénévoles.  Sont également concernées toutes les personnes précédemment citées une fois qu’elles ont quitté leurs fonctions et les candidats à une procédure de recrutement, sous certaines conditions notamment de délai à déterminer par la structure.

Cette recommandation rejoint la demande réalisée entre autres lors de l’observatoire de la QVCT du 4 décembre 2024 et du CSE de juillet 2025 par la CGT.  Il faut élargir l’accession à ce dispositif à l’ensemble des personnes concernées, sans être exhaustif : présumé auteur, présumée victime, salariés dans l’environnement immédiat, les élus qui accompagnent les protagonistes, les experts ; bref, l’ensemble des acteurs impactés par cette situation de travail.

 

3. Dans certaines hypothèses, par exemple concernant les intérimaires ou les agents mis à disposition auprès d’un organisme privé, il peut y avoir une pluralité d’employeurs (employeur contractuel et structure d’accueil). L’entité qui reçoit le signalement ne sera donc pas nécessairement celle qui aura l’obligation de le traiter, chacune devant assumer sa responsabilité. L’enquête interne peut être menée conjointement si nécessaire.

Une adaptation de la procédure actuelle est donc nécessaire

 

4. Afin d’améliorer l’efficacité des dispositifs de signalement, le Défenseure des droits recommande que l’entreprise privée ou l’administration publique, quels que soient son effectif et le moyen choisi pour transmettre un signalement, en accuse réception auprès du salarié ou de l’agent et lui demande de communiquer, s’il en dispose, tout élément permettant d’appuyer son signalement et de faciliter l’éventuelle enquête : récit chronologique des faits, noms d’éventuels témoins, e-mails et messages, attestations, comptes rendus de réunion ou d’entretien, photographies… 

De nouveau, la procédure est à revoir.  La réception de pièces n’est prévue que dans le cadre de l’enquête et non dans la phase d’écoute qui est la première partie de la procédure de signalement.

L’AFA précise aussi qu’il faut organiser les modalités du recueil et de la conservation des éléments probants, qu’il faudrait garantir le respect des obligations de confidentialité, qu’il faudrait également garantir les conditions d’une enquête respectueuse des droits des salariés mis en cause ou témoins, notamment les droits de la défense et les droits au respect de la vie privée et à la protection des données à caractère personnel et optimiser les délais de mise en oeuvre de l'enquête en définissant préalablement les objectifs, les acteurs, la gouvernance, les moyens d’enquête à disposition, les modalités de détermination des suites à donner à l’enquête et les modalités de conservation et d’archivage..

L’AFA précise aussi qu’il faut consulter le CSE sur l’ensemble des moyens d’investigation et de contrôle de l’activité des salariés pouvant être mis en œuvre dans le cadre d’une enquête interne.  Chose à revoir une fois encore.

De plus, la formalisation de début de processus devrait contenir la qualité et le rôle des acteurs, le format et la composition de l’équipe d’enquête, les méthodes et les moyens d’enquête pouvant être mis en oeuvre, les mesures permettant de garantir l’absence de représailles, les critères permettant de déterminer les suites à donner à l’enquête interne et la confidentialité de l’identité des personnes, les modalités de conservation et de stockage des données, notamment les données à caractère personnel.  L’AFA donne une bonne pratique qui pourrait consister à formaliser dans une “charte de l’enquête interne” sachant que ce qui existe aujourd’hui est largement insuffisant au sein du Groupe.

L’AFA mentionne également que les données collectées doivent être conservées sous une forme permettant l’identification des personnes concernées durant un temps n’excédant pas celui nécessaire au regard des finalités de leur traitement.

Pourtant et si c’est dans un courriel, la durée de conservation est illimitée à la SG via GlobalRelay entre autres. Cela est largement abusif.

Aussi, la SG trouve tout à fait normal de ne prendre aucune mesure conservatoire pour protéger la victime présumée allant jusqu’à laisser un salarié présumé victime en contact direct, quotidien et sous l’autorité hiérarchique d’un manager présumé auteur des faits PENDANT le déroulé de l’enquête et un manager parfaitement au courant que c’est ce salarié qui est à l’origine de l’enquête qui le vise.

 

5. En outre, le fait qu’un signalement soit anonyme ne doit pas empêcher son traitement par l’employeur. Il devra être tenu compte de la gravité des faits signalés et du caractère exploitable des éléments transmis par l’auteur du signalement.

A date, il a été constaté, pour des faits identiques, un différentiel de traitement et de niveau de sanction à l’encontre des auteurs. Ce traitement étant inversement proportionnel au niveau hiérarchique du salarié visé ou de la sensibilité des missions qu’il conduit pour le Groupe SG.

La recommandation de la Défenseure des Droits est à appliquer strictement et non en fonction de qui est dans la situation de travail ou d’autres enjeux.  Les faits de harcèlement sont des faits de harcèlement et ce n’est pas en fonction d’autres critères qu’il faut les qualifier.

Sur ce point, la façon de qualifier les faits doit être revue dans la procédure actuelle.

 

6. Enfin, le dispositif de signalement doit permettre de garantir la stricte confidentialité des informations recueillies.

Cette recommandation doit être strictement suivie.  Que dire lorsqu’un salarié non destinataire de l’information vous parle au détour d’une conversation de votre droit d’alerte exercé en C3 auprès de membres du comité de direction et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Après l’argument de confidentialité ne devrait pas dédouaner le témoin ou le sachant de dénoncer les comportements, il en va de sa responsabilité personnelle.  Comme le dit l’article L4122-1 du code du travail “il incombe à chaque travailleur de prendre soin, en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail.”.

Bref, on a un problème de confidentialité dans la banque mais cela on a déjà évoqué le sujet en juillet 2025.

Pour la CGT, la confidentialité ne devrait en aucun cas permettre de couvrir des agissements répréhensibles même du harcèlement de meute tel que défini par la Cour de Cassation.

 

7. Si un temps de réflexion et de préparation peut s’avérer nécessaire à l’employeur, la Défenseure des droits recommande que l’enquête soit ouverte dans un délai raisonnable après le signalement, n’excédant pas 2 mois. 

Il est bien dit « si un temps de réflexion et de préparation peut s’avérer nécessaire », cela peut se produire dans certains cas mais en tout cas sûrement pas pour une situation de harcèlement où la Cour de Cassation dit bien qu’il faut ouvrir une enquête immédiatement.

L’AFA précise qu’il convient d'indiquer les éventuels délais pour chaque étape de l’enquête tout en garantissant une norme de qualité pour l’ensemble de l’enquête.

Tel n’est pas le cas aujourd’hui dans le déroulé de ces procédures au sein du Groupe SG

 

8. La Défenseure des droits rappelle donc que : 

- le délai écoulé entre les faits signalés et le signalement est sans incidence sur la nécessité d’ouvrir une enquête interne ;  

- l’employeur ne doit pas différer l’ouverture de l’enquête interne dans l’attente du résultat d’une éventuelle procédure pénale, civile ou administrative ;

- l’employeur doit réagir dès le premier signalement de la victime présumée ou d’un témoin ;

La Défenseure des droits considère que le fait que la victime ou le mis en cause soit en arrêt maladie ou qu’ils aient quitté leur emploi n’empêche pas l’employeur d’ouvrir une enquête interne.

C’est donc bien le signalement même s’il est tardif qui doit générer l’enquête et il est hors de question de reprocher à une victime d’avoir mis du temps.  Il faut changer les us et coutumes sur les pratiques actuelles qui se permettent de reprocher le signalement tardif.

 

9. La Défenseure des droits préconise aux employeurs privés comme publics de conclure l’enquête interne dans des délais les plus brefs possibles.

Houlà, conclure l’enquête interne dans des délais les plus brefs possibles.  Cela permet de revenir sur la demande réalisée par la CGT en CSE le 10 juillet 2022, où nous demandions de recruter suffisamment pour tenir les délais.  Cette demande n’a pas fait l’objet d’une réponse de la Direction.  Pourtant, le sujet mérite de s’y intéresser de près !

Déjà, il faut conclure l’enquête. Certaines ne sont pas closes officiellement et on laisse les protagonistes sans réponse.

Ensuite il faut que les délais soient les plus brefs possibles.  La CGT est déjà intervenue en rappelant que la Direction ne souhaitait pas communiquer les délais moyens, médian, maximum des procédures internes.  Selon la procédure, la phase d’écoute c’est un objectif de 5 jours et la phase d’enquête c’est 15 jours.  On est très loin des mois voire années observées sur le terrain.

Un exemple parmi d’autres : Une phase d’écoute a débuté le 19 février 2025 pour s’achever fin août 2025. C’est loin des 5 jours de la promesse employeur !

Il faudrait donc que l’enquête soit conduite avec une plus grande célérité.

 

10. La Défenseure des droits recommande aux employeurs de prendre en compte la dégradation de l’état de santé de la personne qui a signalé les faits. Il est notamment nécessaire, si la victime présumée est en arrêt maladie, d’anticiper sa reprise en lui proposant d’échanger, si elle le souhaite, sur les mesures de protection qui pourraient être mises en place à son retour. À défaut, la personne demeure dans la crainte d’être à nouveau confrontée aux agissements qu’elle a signalés, ce qui peut aggraver son état de santé physique ou mental et entraîner des prolongations d’arrêt maladie. 

Oh, il faut considérer la santé de la personne qui a signalé.  Cela rejoint la demande de la CGT de juillet 2025 (entre autres) de demander un rendez-vous médical au bout de 3 mois par exemple.  On peut le dire de toutes manières, la durée objective est d’environ un mois.

Par ailleurs, cela implique d’interdire les mesures de représailles vis-à-vis des lanceurs d’alerte.  Comme déjà dit, il y a du travail à faire sur cette thématique.

En pratique, il n’y a à notre connaissance aucune mesure vérifiable sur le terrain de mesures conservatoires visant à protéger les salariés hors la mesure tout sauf efficace de recourir à du TT thérapeutique pour réduire (notez réduire et non supprimer svp) les interactions. Qu’en sera t il demain si la Direction poursuit sa volonté de supprimer pardon réduire drastiquement le TT au sein du Groupe?

 

11. La personne mise en cause peut également voir son état de santé se dégrader en raison de l’enquête interne en cours.  

Par conséquent, la Défenseure des droits recommande de transmettre les coordonnées du médecin du travail ou de prévention à la victime présumée, à la personne mise en cause et aux témoins, le plus tôt possible. 

Même remarque que pour la recommandation précédente.

 

12. À titre de mesure de protection, il est primordial que l’employeur permette à la victime présumée de ne pas côtoyer la ou les personnes qu’elle a mise(s) en cause, et ce dès le stade de l’enquête, afin de garantir sa sécurité et sa santé. 

Primordial ->synonyme-> essentiel, indispensable, vital => Le Groupe SG ne semble pas avoir la même définition car il n'applique en rien cette recommandation

 

Attention de ne pas tomber dans les mesures de représailles pour le lanceur d’alerte, c’est bien le mis en cause qu’il faut écarter et non demander à la victime de se mettre en arrêt maladie – avec un oubli de déclarer un accident de travail de la part de l’employeur – et donc rétribué sur les deniers de l’état alors qu’une caisse spécifique pourrait rémunérer mieux la victime… mais cela ne devrait pas arriver puisque c’est le mis en cause qui devrait être écarté le temps de l’enquête.

 

13. La Défenseure des droits recommande aux employeurs de veiller tout particulièrement à l’effectivité de la protection des victimes présumées en affectant, si nécessaire, les conditions de travail de la personne mise en cause, et non celles de la victime présumée. En effet, changer les conditions de travail de la victime présumée pourrait constituer une mesure de représailles prohibée.

Oh les mesures de représailles sont prohibées.  Il va falloir changer deux ou trois choses dans le fonctionnement de l’entreprise.  Et merci à la défenseure des droits de confirmer notre propos précédent, c’est le mis en cause qui doit être écarté.

La CGT a des salariés qui lui indiquent avoir “peur de lancer une enquête” de peur des réactions - et donc des représailles - de la part des mis en cause.  En termes de représailles escomptées, il y a donc du travail à réaliser pour libérer la parole. On pourra utilement relire vos réponses aux questions diverses de ce jour.

 

14. La Défenseure des droits recommande que l’interdiction des représailles soit rappelée par écrit par l’employeur à la victime présumée et aux témoins le plus tôt possible. 

La CGT extrapole et demande un rappel à l’ensemble des acteurs liés à cette situation, en toute confidentialité naturellement ou officiellement, de cette interdiction de représailles.

Il faut aussi que la Direction arrête d’autoriser et de légitimer les représailles même si selon la réponse officielle, les représailles sont interdites, nous avons assez de situations où celles-ci s’appliquent.

Pour l’AFA, nous l’avons déjà rappelé précédemment.  Ils doivent aussi être informés de l’usage de leurs données personnelles dès le traitement de données les concernant.  Le non-respect de l’obligation d’information peut avoir de graves conséquences pour le Groupe SG

 

15. La Défenseure des droits recommande aux employeurs de fixer précisément en amont la méthodologie de l’enquête interne, en la formalisant dans une décision prise après information des instances représentatives du personnel (CSE, CSA notamment). 

La CGT rappelle que la procédure existe mais son application est loin de la procédure prescrite.  Le réel est très loin de ce qui est écrit et l’écrit existant est insuffisant pour couvrir les obligations en la matière du Groupe SG Sans doute, il faut être plus pragmatique et accepter d’associer les remontées réalisées par l’ensemble des acteurs concernés y compris les élus de salariés dans la rédaction.

Pour l’AFA, nous avons déjà rappelé la nécessité de faire une information complète.

 

16. Elle recommande qu’au cours d’une enquête interne, chaque étape soit retranscrite par écrit afin que son déroulement soit vérifiable a posteriori par la personne décisionnaire dans l’entreprise ou l’administration mais aussi par les autorités compétentes (juges, inspection du travail, Défenseur des droits).  

Cela implique de passer par une sténotypie que l’on passe par un cabinet externe ou en interne

  

17. Si une enquête interne est ouverte, la Défenseure des droits considère qu’il y a lieu d’en informer la personne ayant signalé les faits, la victime présumée et la personne mise en cause, sauf s’il existe un risque de pression de la part du mis en cause sur les victimes présumées et/ou les témoins. 

Cela revient au risque de représailles dont il faudrait que la Direction se saisisse véritablement et sérieusement.  Dans le monde idéal, oui, il faudrait informer mais en prenant des précautions d’interdiction des représailles.

 

18. Les représentants du personnel sont obligatoirement informés lorsqu’ils sont à l’origine du signalement dans le cadre de leur droit d’alerte, puisqu’ils sont alors associés à l’enquête, dans les conditions prévues par les textes.

Pas de commentaire particulier

 

19. Par conséquent, la Défenseure des droits recommande que le principe de stricte confidentialité, en tant que droit mais aussi en tant que devoir, soit rappelé par écrit à l’ensemble des personnes concernées et qu’une attestation de confidentialité soit signée par les personnes auditionnées ainsi que par les enquêteurs.

Vu que nous avons un énorme problème de confidentialité, il faut revoir la confidentialité dans le Groupe avant d’envisager ceci.

 

20. La Défenseure des droits souligne que l’employeur doit s’abstenir d’exercer toute forme de pression sur l’enquêteur, quel qu’il soit (enquêteur interne ou prestataire extérieur), en vue d’atteindre un résultat qui le favoriserait. Dans les cas où l’enquête est menée par un avocat, il convient de se référer au guide édicté par le Conseil national des barreaux qui évoque notamment la prévention des conflits d’intérêts.

Pour la pression sur les prestataires extérieurs, il faudrait sans doute recourir à un système de financement au niveau de la Branche pour que les banques l’alimentent en fonction du nombre d’enquêtes réalisées et que le prestataire choisi soit payé directement par l’AFB car et en l’état comment garantir l’indépendance d’un cabinet externe qui facture directement ses services au Groupe SG son client et comment garantir l’indépendance et l’impartialité d’une procédure si elle est menée par des acteurs RH désignés comme experts et qui sont surtout des salariés rémunérés par le Groupe SG leur employeur ?

Selon l’AFA, si l’entreprise a décidé de confier la conduite de l’enquête interne à un avocat, celui-ci doit également préciser qu’il n’est pas l’avocat du salarié entendu… C’est le Guide du Conseil National des Barreaux qui le dit.

Cela n’est pas fait.  Pour le recours à l’avocat comme expert, il faut changer la procédure et payer l’avocat des personnes entendues par ce dernier puisque c’est le choix de la Direction.

 

21. La Défenseure des droits recommande que l’enquête soit menée ou supervisée par au moins deux personnes car la collégialité est une garantie d’objectivité et d’impartialité. La collégialité permet aussi un regard pluridisciplinaire sur la situation (juristes, psychologues du travail…) qui est un avantage à condition de veiller à privilégier le regard juridique.

Reste à définir les liens professionnels et hiérarchiques de ces deux personnes pour pouvoir affirmer et non alléguer d’une objectivité et d’une impartialité sans faille

Aussi cela ne doit pas autoriser le Groupe SG à associer quinze personnes à cette procédure ce qui met un coup fatal à la confidentialité dont nous avons déjà parlé. 

 

22. Lorsque l’enquête interne est menée conjointement avec des représentants du personnel, la Défenseure des droits recommande de veiller à ce qu’ils puissent participer aux choix méthodologiques à tous les stades de l’enquête. L’employeur ne peut tirer profit de l’image d’impartialité donnée par l’association des représentants du personnel si ces derniers n’ont pas pu effectivement intervenir.

Cette recommandation peut s’appliquer à d'autres domaines.  On ne compte plus les réponses faites où il est dit que cela a été vu dans une autre instance ou avec les organisations syndicales sans que les élus ne soient associés.  Il y a du travail à faire également sur cette recommandation.

 

23. L’employeur devrait faire appel à une personne extérieure au service dans lequel se sont déroulés les faits signalés. L’enquêteur doit avoir la capacité d’apprécier avec distance et neutralité les éléments nécessaires au traitement du signalement.

L’AFA explique que l’enquête interne doit être menée de façon impartiale, à charge et à décharge.  La Cour d’Appel de Paris s’est assurée que l’enquête interne avait été conduite de façon méticuleuse, paritaire et loyale.

Le Groupe SG aura à date plus souvent démontré son incapacité à garantir cette distance et cette neutralité dans le traitement des signalements.

 

24. Si la direction ou des personnes du service habituellement chargé d’enquêter sont elles-mêmes mises en cause par un signalement, l’enquête interne devrait être confiée à un prestataire extérieur dans un objectif d’impartialité.

je ne vois pas quoi dire de plus

 

25. La Défenseure des droits recommande aux employeurs de s’assurer que les enquêteurs, quels qu’ils soient - ou du moins l’un d’entre eux dans le cadre d’une enquête menée par une équipe - détiennent une formation juridique solide et actualisée sur les discriminations au travail, incluant les notions de harcèlement discriminatoire, de harcèlement sexuel, de harcèlement d’ambiance et le principe de l’aménagement de la charge de la preuve applicable devant les juridictions civiles et administratives. Des formations au recueil de la parole et aux techniques d’audition devraient également être mises en place pour les enquêteurs.

Recherche effectuée le 15 juillet sur l’intranet : harcèlement d’ambiance ne donne aucun résultat, harcèlement discriminatoire ne donne aucun résultat.  Il ne s’agit que de deux thématiques que nous pouvons vérifier, la CGT est donc particulièrement inquiète sur les autres sujets dont on nous dira que tout va bien.  Pour le harcèlement de meute, qu'il soit moral ou sexuel, on repassera aussi.

Pour l’AFA, l’équipe doit être proportionnée aux faits signalés et à leurs conséquences éventuelles sur l’entreprise.  Il faudra être vigilant sur la formation et l’expertise des enquêtes, leur indépendance et leur objectivité.  L’AFA rappelle aussi que le document rédigé à l’issue de l’enquête interne n’est protégé par aucun secret professionnel.  Dans la même partie, l’AFA rappelle l’obligation de confidentialité et il faut que toutes les mesures nécessaires à la préservation de la confidentialité soit assurées.  Enfin, elle rappelle qu’en cas d’externalisation, la conformité des services délivrés dans ce cadre par le prestataire retenu doit faire l’objet d’un contrôle régulier aux regards des obligations de confidentialité et des modalités de conservation et de stockage des données, contractuellement définies. 

Une fois encore, il faut revoir le fonctionnement.

Nous n’avons reçu malgré des demandes répétées sur ce sujet aucune réponse ni aucune garantie sur le niveau de formation et de réelles expertises des acteurs désignés comme tels par le Groupe SG

Dans les faits, l’expertise et le traitement de ces procédures entraîne le constat de carences graves en la matière de la part des acteurs / experts en charges avec des conséquences préjudiciables aux victimes mais aussi aux intérêts du Groupe Société Générale

L’expertise ne se décrète pas, elle se fonde sur des éléments tangibles. Il ne suffit pas d’alléguer d’un niveau de formation spécifique à ces sujets mais de le prouver. Tel n’est pas le cas au sein du Groupe SG. 

 

26. Avant de confier une enquête à un prestataire externe, l’employeur doit s’enquérir des compétences juridiques des intervenants et de la méthodologie qui sera suivie. 

Cette recommandation rejoint la question sur les vérifications faites auprès des prestataires sélectionnés.  La réponse faite en CSE engageant la direction ne nous rassure pas du tout surtout vu les observations réalisées sur le terrain.

Par contre, la CGT insiste sur cette recommandation qu’il serait utile de suivre et d’appliquer car dans les faits, la Société Générale n’est pas à la hauteur.

Il faudrait également former les enquêteurs entre autres à la notion d’accident de travail afin de les déclarer quand cela est nécessaire.

Pour l’AFA, cela peut aussi être une équipe mixte.

 

27. Selon la Défenseure des droits, doivent être auditionnés : la victime présumée, la personne mise en cause et les témoins pertinents, y compris les témoins indirects ainsi que les responsables hiérarchiques directs de la victime présumée et de la personne mise en cause. Le mis en cause devrait être entendu en dernier. S’il cite d’autres témoins potentiels, ces derniers devraient aussi être entendus, sous réserve de l’appréciation de la pertinence par les enquêteurs, étant précisé que le choix des personnes à entendre doit pouvoir être expliqué en cas de recours.

Les témoins indirects, tiens c’est une exclusion de l’application de la procédure.  Il faut donc, une fois encore, revoir l’application de la procédure.

Aussi, veiller à ce que l’auteur incriminé ne soit pas tenu informé de l’ensemble des éléments avant l’entretien voire même de se voir aider à préparer son entretien par les acteurs en charge de faire respecter les règles !

 

28. Si la victime présumée ou le mis en cause est en arrêt maladie, la Défenseure des droits recommande que l’audition leur soit néanmoins proposée.

Pas de commentaires particuliers mais il faut intégrer dès lors l’option accident de travail pendant un arrêt qui doit être en toute logique liée à un accident de travail si l’arrêt est consécutif au comportement ou au signalement.

 

29. Les « tiers » tels que le médecin du travail, d’anciens collègues, les représentants du personnel ou l’inspection du travail peuvent aussi être entendus si leur audition est de nature à apporter des éclaircissements complémentaires. 

La CGT n’a pas de commentaires particuliers sauf qu’il faudrait l’intégrer dans la procédure actuelle.

 

30. Concernant les conditions de l’audition : 

  • si la personne auditionnée souhaite être accompagnée par un représentant du personnel ou un interprète lors de l’audition, la Défenseure des droits considère qu’il n’y a pas lieu de s’y opposer par principe, tant que cet accompagnateur conserve une posture de retrait et ne répond pas à la place de la personne entendue. Si l’enquête est menée par un avocat, la présence d’un confrère ou d’une consœur assistant la personne auditionnée ne peut être refusée;
  • la Défenseure des droits recommande aux employeurs de choisir un lieu pour le déroulement des auditions permettant de garantir la confidentialité des échanges et éviter les risques de pression sur les personnes auditionnées, voire les ententes entre ces dernières. Ainsi, les entretiens dans des lieux publics tels que des cafés, bibliothèques, etc. sont à proscrire. Il est recommandé d’éviter les entretiens dans des open-space, dans des lieux de passage, des salles de réunions vitrées, etc. 


Si la présence d’un confrère en plus d’un élu ne peut être refusée, elle ne peut être imposée à la personne auditionnée.

Pour les ententes entre certains protagonistes ou témoins, il faudrait aussi faire quelque chose.

Concernant les auditions, l’AFA recommande de faire signer un document en début d’entretien à la personne entendue afin de lui rappeler ses droits, notamment les règles en matière de données personnelles et pour qu’elle s’engage à respecter la confidentialité des entretiens et de l’enquête.

Mais sur la confidentialité, on a un problème général au sein du Groupe, pour les données personnelles, la durée de conservation est illimitée sans action de la conformité.

 

31. La Défenseure des droits considère que les enquêteurs doivent s’attacher à recueillir le maximum d’éléments de nature à éclairer la réalité des faits, destinés à nourrir le faisceau d’indices. Elle souligne que les enregistrements clandestins ne doivent pas être écartés par principe et peuvent dans certaines conditions être pris en compte (ndlr la partie après les ‘et’ a été reformulée).

La CGT soulève qu’il faut éclairer la réalité des faits.  Les témoignages où les témoins se sont entendus (entre eux, avec d’autres, etc) ne devraient pas faire poids par rapport aux écrits et autres moyens de preuves classiques et plus efficaces que des témoignages. Il est nécessaire d’ordonner les moyens de preuves.

 

32. La Défenseure des droits considère que cette solution devrait être généralisée : dans l’hypothèse où une personne auditionnée demanderait à rester anonyme, il apparaît acceptable de préserver cet anonymat dans le rapport d’enquête ainsi que lors de la phase de restitution de l’enquête. Toutefois, l’enquêteur devra conserver une version non anonymisée pouvant être communiquée en cas de contentieux devant une juridiction ou sur demande des autorités (juridictions, inspection du travail, Défenseur des droits…). 

La CGT revient sur les signatures de sténotypies qui sont tout sauf anodines.  La version signée vaut témoignage, il faut en faire un CERFA et non une signature sans trop de valeurs.  Cela peut être produit en justice de manière non anonymisée.

Pour l’AFA, une mention d’accord de la production du document en justice est nécessaire.

 

33. Dans un objectif de traçabilité et d’opposabilité, la Défenseure des droits recommande que les auditions soient retranscrites dans un compte rendu de façon quasi exhaustive. Le recours à un enregistrement est possible à condition d’en informer la personne auditionnée. Il apparaît en outre primordial que le compte rendu soit soumis à la relecture et à la signature de la personne auditionnée. 

Les enregistrements clandestins ne sont pas recommandés.  Il faut être quasi exhaustif donc recourir à une sténotypie de manière systématique et donc mettre les moyens financiers pour avoir la sténo dans des délais prévus par la procédure.

 

34. S’agissant du rapport établi au terme de l’enquête, la Défenseure des droits recommande qu’il expose les faits allégués et leur signalement, les mesures de protection mises en œuvre, les étapes de l’enquête, les difficultés rencontrées au cours de l’enquête (refus d’audition, incohérences d’un témoignage…), les éléments de présomption recueillis, les justifications de la personne mise en cause, les propositions de qualification juridique des agissements dénoncés et les mesures de traitement de la situation proposées.

La CGT souscrit mais cela implique une modification profonde des restitutions telles qu’elles sont réalisées à date

 

35. Le rapport d’enquête est conservé par l’employeur dans l’objectif de préserver la confidentialité des informations qu’il contient. 

Cette notion manque dans la procédure actuelle.

 

36. Si le rapport d’enquête recommande des mesures qui doivent être mises en œuvre par la hiérarchie (formation, changement de pratiques…), les conclusions du rapport peuvent lui être transmises.

La CGT souligne que cela implique donc une stricte confidentialité dont elle a déjà soulevé les problèmes au sein du Groupe.

 

37. Le rapport d’enquête peut être communiqué aux représentants du personnel en charge des questions de santé et de sécurité en version anonymisée et avec l’accord de la victime (et/ou de l’auteur du signalement) .

La CGT souscrit à cette option.

 

38. Néanmoins, selon la Défenseure des droits, une synthèse du rapport devrait être communiquée à la victime présumée qui, à défaut, pourra légitimement douter du traitement donné. Cette synthèse devra rendre compte de la méthodologie suivie, des différentes étapes de l’enquête, des conclusions de l’enquêteur et des décisions prises ou envisagées à l’issue de l’enquête.

L’identité des témoins et le contenu de leur témoignage ne devraient pas y apparaître afin de les protéger du risque de représailles.

Les représailles sont plutôt sur la victime mais nous souscrivons.  Encore une fois, cela va impliquer une modification de procédure.

 

39. Il est également souhaitable que, dans l’emploi public comme privé, le mis en cause et les témoins soient informés de la fin de l’enquête. 

Ah il faut informer les protagonistes, il va falloir y songer aussi dans la modification du déroulé des procédures actuelles

 

40. La Défenseure des droits tient à souligner qu’il est indispensable que la qualification des faits fasse l’objet de la plus grande attention et que les enquêteurs et employeurs soient suffisamment formés. L’employeur peut se tourner vers un conseil juridique à ce stade. 

La CGT rappelle qu’il faut qualifier les faits.  La qualification juridique ne comprend pas “comportement inappropriés”, il faut donc mettre des termes juridiques sur la qualification. Encore une fois, c’est une méthode à revoir.

Les experts désignés comme tels par le Groupe SG et en charge de l’enquête n’ont en rien démontré une formation suffisante. Leur rôle semble se borner à réaliser une synthèse qui sera analysée par un tiers, n’ayant pas participé directement aux investigations, et indiqué comme ayant des qualifications juridiques.

 

41. S’agissant des agents publics, la Défenseure des droits estime que la qualification juridique doit s’appuyer sur les manquements aux obligations spécifiques liées à l’interdiction du harcèlement sexuel, des agissements sexistes et discriminatoires prévus par le code général de la fonction publique et viser, s’il y a lieu, d’autres manquements figurant dans d’autres textes, tels que les codes ou chartes de déontologie ou dans la jurisprudence. 

Nous ne sommes pas concernés mais la Défenseure des droits parle bien de qualification juridique.  Là, encore, nous aurions beaucoup de choses à dire mais cela va devenir un peu trop long !

 

42. La Défenseure des droits appelle les employeurs à se montrer vigilants et à considérer avec exigence les justifications invoquées par les mis en cause.

La CGT s’associe, évidemment !

 

43. La Défenseure des droits recommande également aux employeurs d’avoir une appréciation objective, neutre et loyale de l’ensemble des éléments portés à leur connaissance lors de l’enquête interne et d’en tirer les conséquences sur la qualification des faits.

Objectivité - représentation exacte de la réalité matérielle ou juridique ; aptitude à en rendre fidèlement compte dans le discernement et la probité, sans préjugé, partialité ni arbitraire, qualité essentielle de jugement, esprit de vérité qui donne sa valeur à l’intime convocation.

Loyauté - Principe selon lequel le juge et les parties doivent, dans leurs comportements procéduraux, faire preuve de bonne foi et de probité.

Neutralité - Attitude d’impartialité du juge qui, exempt de toutes idées préconçues, examine avec la même attention les éléments favorables ou défavorables à chacune des parties.

Vu ce qui précède dans les recommandations précédentes, il reste du travail.

 

44. La Défenseure des droits réitère sa recommandation issue de la décision-cadre n°2021-065 selon laquelle les sanctions doivent être effectives, proportionnées et dissuasives, et l’étend aux employeurs privés.

La CGT y souscrit mais en toute neutralité, objectivité et loyauté.

 

45. La Défenseure des droits estime que l’encadrant qui s’abstient de transmettre un signalement de discrimination à l’autorité disciplinaire devrait aussi faire l’objet de sanctions disciplinaires. 

La CGT a déjà pu observer que le Comité de Direction par exemple, informé, ne fait rien alors qu’il faudrait lancer une procédure et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Voire même que ce comité de direction cautionne par son silence et son inaction les agissements et les propos pourtant interdits par le Groupe SG.

 

46. Dans l’emploi public, la Défenseure des droits observe que les victimes présumées ne sont pas entendues dans le cadre de la procédure disciplinaire engagée à l’encontre du mis en cause alors que cette faculté est prévue par la loi. C’est pourquoi l’institution a demandé aux employeurs dans la décision cadre de 2021 précitée de prendre en compte la parole des victimes lors de la procédure disciplinaire. 

C’est pour le public

 

47. Par ailleurs, la personne s’estimant victime qui a signalé les faits ignore généralement si des sanctions disciplinaires ont été infligées à l’encontre de la personne mise en cause. La Défenseure des droits recommande aux employeurs privés et publics d’informer les victimes de l’issue de la procédure disciplinaire. 

Il faudra donc modifier la réalité du terrain pour être plus en phase avec la recommandation de la défenseure des droits.  Le Groupe SG fait pour beaucoup le contraire de cette recommandation.

 

48. Enfin, la Défenseure des droits invite les employeurs à demeurer vigilants à la situation des salariés et agents postérieurement à l’enquête interne : si celle-ci permet de reconnaître le statut de victime et de désigner les responsables des faits, elle ne prépare pas nécessairement la poursuite des relations professionnelles entre les intéressés. La mise en place d’un accompagnement à plus long terme est alors opportune. 

La CGT souscrit à cette recommandation, il faut accompagner les protagonistes peu importe l’issue de la procédure.

 

49. La Défenseure des droits recommande également aux employeurs de transmettre aux référents égalité / harcèlement sexuel et aux représentants du personnel au titre de leurs attributions en matière de santé, sécurité et conditions de travail un bilan annuel des signalements ne comportant pas de données nominatives.  

La recommandation va plus loin que juste des données statistiques opaques.  Il faut donc encore une fois modifier le processus RH en place au sein du Groupe Société Générale.

 

 

Autres éléments portés par l’AFA:

  • il est possible de donner à la personne entendue, préalablement à son entretien, accès aux pièces du dossier d’enquête la concernant directement


De plus, pour l’AFA, il faut faire des mises à jour suite à des améliorations possibles de la procédure.  Lorsque l’enquête interne aboutit à détecter ou à corroborer des faits d’atteintes à la probité, il est impératif que le responsable de la fonction conformité examine les besoins d’amélioration du dispositif de l’organisation afin de prévenir la réitération de faits similaires.  Il faut corriger les défaillances du dispositif de prévention et de détection, modifier la procédure, les formations, le système d’alerte, etc. et ajoutera la CGT, le Document Unique d’Evaluation des Risques professionnels (DUERP).

Afin de protéger l’ensemble des parties prenantes de l’enquête, il est urgent de revoir, pour protéger tout le monde, la gestion des alertes (de type Sapin II ou d’harcèlement).  John Rawls définit la justice procédurale parfaite qui sur cette thématique, c’est-à-dire une procédure claire et appliquée, est indispensable dans ces situations.  Seule une justice procédurale dans ces procédures donnera un sentiment de justice par rapport à ces situations.  A défaut, c’est la porte ouverte à des comportements validés qui ne peuvent être tolérés.  Et à ce jour, la justice procédurale sur cette thématique est loin d’être appliquée, la CGT vous invite à relire l’intégralité de sa critique lors du dernier CSE.  Certains auteurs, par exemple Colquitt en 2001, parlent des 6 règles liées à la justice procédurale : la cohérence, on applique les mêmes procédures à tout le monde ; l’impartialité, pas de biais ni de préjugés ; précision, informations exactes ; représentativité, critères pertinents ; adaptabilité, la procédure permet de revenir sur une décision erronée afin de la modifier ou de la corriger ; éthique, l’éthique de la société est respectée.  Certaines de ces règles, la majorité, ne sont pas appliquées, il le faudrait pourtant.

Chez Google (Abeer Dubey et Julia Rozovsky, 2012), une équipe performante est entre autres une équipe qui présente une sécurité psychologique.  L’incertitude liée à cette procédure rend les équipes inefficaces.

Selon le code SG, - B.3762 - La gestion de l’éthique et de la conduite est réalisé au sein de Société Générale au travers de plusieurs dispositifs dont la gestion des comportements inappropriés - C2450 -, notre propos n’est pas de partir sur l’éthique d’entreprise puisque nous en aurions encore pour un sacré moment.

Pour la CGT, il faudrait sans doute revoir certaines enquêtes passées tellement la situation est critique !

La CGT exige donc de la Direction de revoir significativement la procédure interne de signalement et de traitement des comportements inappropriés au sein de SGPM France. Cette situation est intenable, on est arrivé au point, il est urgent de changer.  Entre les recommandations, la procédure écrite et la réalité du terrain, il y a beaucoup à revoir.

CSEE 23 Septembre 2025

CSEE Centraux - 10 juin 2025 - Compte Rendu Consultation de la Réorganisation de GCOO


CSEE Centraux - Compte Rendu -

Consultation de la Réorganisation de GCOO

 

 

 

A- Présentation du projet

M. DELAS (GCOO/DIR) a commencé la présentation du projet de réorganisation en rappelant les missions et l’organisation de GCOO, que vous pouvez retrouver dans le dossier du projet) dont nous rapportons ici l’essentiel.

GCOO supervise et coordonne les fonctions supports du Groupe et son ambition s’articule autour de trois objectifs : améliorer l’efficacité opérationnelle, renforcer la confiance et sécuriser les activités clés, construire l’avenir du Groupe. GCOO s'appuie sur ses 4 filières mondiales (18000 salariés) : Les Systèmes d'information, La Data, L’Immobilier et les Achats.

Il a ensuite rappelé le contexte des transformations menées en 2024, (Nous rappelons que GCOO est issue de RESG dans le plan de transformation avec départs volontaires de 2024, avec 288 suppressions de postes et 8 créations). Pour 2024, M. DELAS a mis l’accent sur le regroupement de la filière Architecture informatique, de Data et de Cyber Sécurité ainsi que le rapprochement de RBS (La direction d’IT du réseau SGRF et de PRIV). Pour lui, le projet présenté est la suite logique des transformations menées en 2024, il s’agit de poursuivre et accélérer la stratégie de plateformisation IT ; renforcer la collaboration entre les filières IT & Data ; mutualiser certaines fonctions supports (ressources humaines, communication, logistique et assistance administrative, pilotage).

Ces 3 chantiers s’accompagneront au sein de GCOO d’un dimensionnement des strates et des responsabilités managériales (-53 postes) et d'un développement (+51 postes) de l’’expertise métier ou technique et sécuriser son évolution dans le passage à l’agile. M. DELAS rappelle enfin que c’est un projet multidimensionnel, qui s'appuie sur une année d'observation de ce qui fonctionnait bien chez GCOO.

Mme CRISANTI (GCOO/HUM) nous a ensuite présenté les mesures d’accompagnement du projet suivant les 5 axes : (voir le dossier du projet).

  • Une communication transparente, progressive et de proximité
  • Un accompagnement renforcé des managers, relais clés du changement
  • Un soutien actif aux collaborateurs
  • Une montée en compétences ciblée
  • Un dialogue continu alimenté par des enquêtes d’opinion régulières

Le contenu de chacun de ces axes d’accompagnement décrit par Mme CRISANTI est présent dans le dossier remis, nous ne le mentionnerons pas ici. Pour plus de détail, vous pouvez consulter le dossier du projet sur notre site internet. Aucun nouvel élément n’est apporté par les propos de Mme CRISANTI à l’exception de la précision concernant les formations d’anglais : GCOO s’engage à prendre à sa charge les formations d’anglais si le solde du CPF du salarié demandeur ne permet pas de couvrir la formation.

B- Débat

1-    Remontées des salariés

Après cette présentation du projet par la direction de GCOO, nous avons pris la parole pour informer la direction que nous avons organisé une rencontre avec les salariés de GCOO pour recueillir leurs questions, remarques et inquiétudes générées par le projet. Nous souhaitons que les remontées des salariés fassent l’objet de discussion transparente et que la direction nous apporte des réponses et des mesures concrètes à la hauteur des attentes des salariés. Nous avons structuré notre intervention suivant des thématiques remontées par les salariés de la manière suivante :

  • Une communication toujours insatisfaisante:
    • Manque de visibilité en matière stratégique globale depuis des années qui empêche de comprendre globalement ce projet de réorganisation : « Nous ne comprenons pas dans quelle direction nous allons».
    • Quel sont les impacts de l’IA, présents et à venir ?
    • Quels sont les impacts d’une externalisation de l’infrastructure Cloud ?
    • Quelles communications prévues pour les périmètres, hors Services Centraux Parisiens, concernés par le projet ?
  • Les données du dossier à réactualiser: La photo des effectifs présents dans l’entreprise permettant de construire le dossier a été réalisée fin février. De nombreux mouvements ont eu lieu depuis.
    • Des erreurs et des incohérences dans les chiffes remontés par le dossier, ce qui peut entrainer une sous-estimation du nombre de salariés impactés.
    • Comment la direction, GCOO compte gérer la situation des salariés de retour dans l’entreprise après la photo de situation et qui sont, par conséquent, non pris en compte par le dossier.
    • Le nombre de suppressions de postes (53) semble sous-estimé. GCOO a-t-il pris en compte les postes de manager adjoint ?
  • L’incohérence de regroupement de service et de personne :
    • Certains regroupements de service semblent incohérents : « nous nous interrogeons sur le devenir de notre métier par rapport à aujourd'hui»; « Le fait de regrouper des personnes faisant le même métier dans un nouveau service d'accueil fait craindre une modification des postes à moyen/long termes. »
    • Certains services cibles doivent intégrer des profils très divers en termes de code emploi qui seront amenés à exercer les mêmes activités. Comment la direction compte-t-elle concilier les différences dans les profils et les rémunérations ?
    • Dans la transformation GCOO/GTS/PAS/ATR vers GCOO/GTE/DMP/SRE, des chefs de projet vont devoir faire de la production, il s’agirait donc d'une modification substantielle de mission !
    • Il existe un risque de doublon des postes de chef de projet à terme.

 

  • Suppression des postes de managers :
  • Quelles modalités pour les suppressions de postes et quel accompagnement ?
  • Quelle est la situation des managers adjoints ?
  • Qui va récupérer les nombreuses charges assurées par les managers dont les postes sont à supprimer ?

 

  • Les impacts importants sur les conditions de travail :
    • La surcharge de travail chez GCOO a fait l’objet de signalements suite aux précédentes réorganisations. Les élus et les médecins du travail ont souligné qu’elle constitue un problème majeur chez GCOO. La charge de travail a-t-elle été l’objet d’estimation dans la construction du projet ?
    • Quelle procédure pour les PDP de 2025 ?
    • Quelle gestion pour d’éventuelles variations de nombre de jours de télétravail ?
  • Les accompagnements RH :
  • Quand les salariés pourront-ils être informés de leur service d’affectation ?
  • Le salarié peut-il refuser une affectation ?
  • L'ancienneté sur un poste est-elle conservée dans la nouvelle affectation ?
  • Une nouvelle fiche de poste est-elle communiquée aux salariés dont les missions sont modifiées ?

2-  Réponses et informations apportées par la direction

  • Communication

Sur la communication, Mme CRISANTI et M. DELAS se veulent rassurants et ont souligné les efforts récemment apportés par la direction : « On double systématiquement dans la filière une communication en français, une communication en anglais. Et on voit d'ailleurs que les participants qui viennent à l'une ou à l’autre ne sont pas les mêmes et la nature des questions n’est pas la même… »

La direction de GCOO qui organise actuellement des communications au niveau de la filière tous les deux mois souhaite accélérer la fréquence à tous les mois pour que les salariés soient mieux informés des transformations qui y sont déployées.

GCOO reconnait que l’IA a un impact important dans différents métiers notamment celui de développeur informatique. Dans ce domaine, l’IA permet des optimisations de production de lignes de codes, de documentation et de tests, 1500 développeurs du groupe pourraient bénéficier de l’assistance de l’IA. Sans donner des mesures précises, M. DELAS affirme que l’organisation de GCOO doit anticiper et intégrer les impacts de l’IA dans ses transformations.

Concernant une externalisation vers une solution Cloud public, M. DELAS affirme que l’objectif du Groupe est d’aller vers cette solution pour une proportion de 50% à l’horizon de 2030. Tout en rappelant l’absence de lien direct avec le projet présenté.

Concernant les périmètres hors Services Centraux Parisiens concernés par le projet, une information est ou sera faite et le dossier sera communiqué aux personnes concernées : 17 juin pour Lille, 19 juin pour Orléans, 30 juin pour Nantes.

  • Qualité des données du dossiers

La direction de GCOO reconnait l’absence de certaines catégories de salariés (ALD, Alternances, externes...) et de la nécessité d’une actualisation du nombre de salariés concernés par le projet avant la phase de mise en œuvre. Elle s’engage à communiquer ces informations aux salariés concernés.

  • L’incohérence de regroupement de services et de personnes

Pour la direction de GCOO, la perception de l‘incohérence dans certains services pourraient provenir de regroupements d’activités actuellement séparés mais dont la synergie pourrait contribuer à l’efficacité et au développement du Groupe : « Quand aujourd'hui on regroupe GTS et DDS ensemble, c'est bien justement par la volonté d’avoir une direction unique qui demain va porter toute l'ambition d'avoir ces mêmes fondations partagées dans l'ensemble du groupe. Je (M. DELAS) vous assure dans ce cas-là, les synergies, il y en a beaucoup… ».

GCOO met en avant, l’évolution en matière d’infrastructure pour justifier le rapprochement des activités Infra et Data : « On est convaincus que dans les 5 années qui viennent, peut-être même dans les dizaines qui viennent, les métiers de l'infrastructure vont énormément évolué pour toutes les raisons que j'ai citées tout à l'heure, notamment cette vague de fond sur la transformation, je pense que ce serait une erreur que de se dire que chacune des équipes devraient rester séparées».

Concernant les mouvements dans la transformation GCOO/GTS/PAS/ATR vers GCOO/GTE/DMP/SRE, la direction GCOO n’a pas la connaissance précise en séance pour répondre à cette question mais confirme que dans la nouvelle affectation, les missions ne peuvent être changées de manière substantielle. (La CGT sera vigilante sur ce service et toutes situations similaires pour que les engagements de la direction pris dans le cadre de ce dossier soient respectés).

  • Suppression des postes de managers

M. DELAS confirme que la suppression des 53 postes de managers est un des objectifs du projet, celui de recentrer l’équilibre entre le nombre de postes de manager et ceux d’expertise métier et technique. En résumé, moins de managers et plus d’experts.

Les élus CGT font remarquer à M. DELAS que les équipes projets demandent systématiquement un contact « managérial » qui joue le rôle de relai entre le projet et les équipes opérationnelles. A ce jour, les équipes projets ne communiquent pratiquement jamais avec les opérationnels sans passer par le manager qui doit prendre certaines décisions métiers pour ses équipes. Ainsi, pour les élus CGT, le fait de renforcer les équipes projets devrait au contraire engendrer une augmentation des managers en face et non avoir pour effet une contraction des managers.

M. DELAS confirme que nous avons raison, le set-up classique et actuel est bien celui décrit mais précise que, justement, un des objectifs de cette réorganisation est de mieux séparer les fonctions de management des fonctions projet qui, d’après lui, doivent être prises en charge par des profils spécialisés sur ce sujet qui nécessitent des compétences particulières.

La direction confirme que ces 53 managers auront leur code métier changé. Des évolutions vers des postes avec des composants managériaux sont possibles mais non systématiques. Les modalités pratiques de ces suppressions de postes suivront les phases suivantes :

  • Une phase de recueil des souhaits : échanges avec les salariés dont les postes sont supprimés
  • Une proposition sera faite par la direction par la suite
  • En cas de refus, le salarié sera mis en mobilité et sera positionné prioritairement sur les mouvements intra GCOO et peut-être même extra GCOO (souhait de M. DELAS)

Nous (La CGT) avons immédiatement réagi en rappelant que, compte tenu d’une mobilité en interne extrêmement difficile, la mobilité ne représente pas à nos yeux ni à ceux des salariés concernés des solutions acceptables. Car l’expérience du dernier plan de RCC 2024 a montré les limites de la mobilité en interne. Actuellement, subsistent plusieurs dizaines de salariés (dont 14 de GCOO) concernés par les transformations de 2024 qui n’ont pas trouvé de situation pérenne et qui sont priés de prendre la première mission que la RH leur présente et qui ignorent ce qu’ils vont faire dans les 3 à 6 mois à venir.

La direction nous a confirmé la présence systématique des adjoints de managers pour raison opérationnelle ou de succession. Elle ne nous a cependant pas donné d’éléments clairs et précis sur la transformation de leur fonction à venir. Ces adjoints devront-ils changer de code emploi ? Changer de mission ? En l'absence d’informations précises présentées dans le dossier les concernant, ils sont dans la catégorie des salariés qui se verront affecter de nouvelles missions sans changement substantiel. Si telle est votre situation, nous vous invitons à être vigilant et à vous rapprocher de nous si vous estimez que votre situation n’est pas conforme par rapport à la description du dossier.

  • Les accompagnements RH :

La direction de GCOO confirme que l’ancienneté dans le poste sera conservée dans le cadre de la nouvelle affectation.

La gestion de l’évolution du nombre de jours de télétravail sera progressive, Mme CRISANTI a confirmé sa volonté de permettre, sur une période de quelques mois, à un salarié de conserver le même nombre de jours de télétravail avant de basculer vers la cible. Nous (la CGT) avons demandé en plus que les situations individuelles soient examinées à la demande du salarié pour éviter un déséquilibre de vie professionnelle vie privée.

Concernant les PDP, Mme CRISANTI a confirmé la nécessité d’évaluer un salarié sur toute la durée de l’année. Dans le cadre de transformation, de nombreux salariés devront changer de service et de manager, dans ce cas, charge au nouveau et ancien manager de se concerter afin d’avoir une vision complète sur la période.

La DRH de GCOO confirme également que GCOO communiquera à tout salarié dont le poste est substantiellement transformé. Notre conseil, si vous ne recevez pas de nouvelle fiche de poste, votre mission ne peut être changée de plus 20% (ce critère est issu de la dernière transformation, la direction nous a confirmé ce critère pour qualifier les transformations d’un poste).

3-  Engagements de GCOO demandés par la CGT

Nous (La CGT) avons coutume de demander en séance de CSE un certain nombre d’engagements à la direction lors la présentation d’un projet de transformation. En l’absence d’accord d’accompagnement qui a lieu uniquement pour les transformations avec des départs volontaires (RCC) comme en 2024, les engagements de la direction ont donc valeur d’accord.

Si dans la mise œuvre du projet, un engagement de la direction n’est pas respecté en local, nous pouvons représenter les salariés pour contester les mesures prises.

L’expérience que nous avons acquise après nombre de réorganisationS nous a permis de mettre en place un certain garde-fou pour éviter aux salariés de se retrouver dans des situations de précarité. Nous avons ainsi demandé à la direction de GCOO :

  • Respect de la fiche de poste : pas de changement substantiel sans le consentement du salarié. Sinon recours.
  • Pas de changement de code emploi imposé dans la transformation.
  • Conservation de l’ancienneté dans le cadre de la réorganisation.
  • Suivi individuel de changement de nombre de jours de TT.
  • Ouverture d’une période de recueil des souhaits des personnes dont les postes sont supprimés pour évaluer le nombre de situations problématiques. Cette expérience a été menée dans des réorganisation passées.
  • Mise en place d’indicateurs de suivi de charge de travail.
  • Un point de suivi 6 mois après la mise en œuvre.

 

Compte tenu du contexte de réorganisations à répétition et de l’absence de solutions de reclassement pour les managers dont les postes sont supprimés, la CGT est contre cette nouvelle réorganisation.  Les élus du CSE des différentes organisations syndicales ont demandé des commissions économiques, la consultation est repoussée en début de septembre, la date reste à confirmer par la direction.

Pham Phu Cuong CSEE 11 Juin 2025

CSEE Centraux - Compte-rendu de la réunion ordinaire des 5 et 7 juillet 2025


CSEE Centraux - Compte-rendu de la réunion ordinaire des 5 et 7 juillet 2025

 

 
  • L'ordre du jour et les documents 
  • Le lien vers l'intervention PRIV d'octobre 2024
  • Le lien vers le compte-rendu de la SSCT Pôle Est
  • Le lien vers le compte-rendu de la SSCT Pôle Ouest

 

1. Information sur le rapport relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes pour 2024 dans les Services centraux parisiens

1- Support Introductif (6 pages)

2- Rapport (29 pages + 3)

3- Complément métiers repères (20 pages)

4- Articulation vie pro. et responsabilités familiales (8 pages)

2. Rapport de la commission restaurant extraordinaire du 28 avril 2025

3. Rapport de la commission restaurant ordinaire du 11 juin 2025

4. Rapport de la CSSCT Pôle Est du 27 mai 2025

5. Rapport de la CSSCT Pôle Ouest du 28 mai 2025

6. Information de suivi de l’évolution de l’organisation du KYC de la Banque Privée France

9. Point suite à l’expertise votée au CSEE du 16 décembre 2024 relative aux conditions de travail de la SU IGAD

10. Questions diverses

 

 

 

 

1. Information sur le rapport relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes pour 2024 dans les Services centraux parisiens

Restitution du rapport de la commission égalité professionnelle du 26 mai 2025

Intervenants : M. M. ZILBER (HRCO/SSA), M. P. DUONG (HRCO/SSA)

  

1- Support Introductif (6 pages)

Question 1.1 (page 6). Sur les 45,9% des salariés à temps partiel qui ont bénéficié d’une révision individuelle au cours de l’année 2024, quelle est la répartition entre les Femmes et les Hommes ? Même question pour les 42.7 % qui n’étaient pas à temps partiel ?

Réponse : 48,3% des femmes révisées, 43 % des hommes

Question 1.2 (page 6). Sur 322 salariés éligibles au congé paternité, 310 ont pris un congé paternité d’au moins un jour. Soit 12 personnes qui n’ont pris aucun jour de paternité alors que la loi oblige les pères à prendre un congé de paternité de 4 jours juste à la fin du congé de naissance de 3 jours et que l’entreprise n'a pas le droit d'employer le père pendant ces quatre jours. Les responsables R.H. se sont-ils rapprochés de ces personnes pour les inciter à prendre leur congé paternité ? Et si oui y-a-t-il eu des relances ?

Réponse : Les données ne sont pas justes, cela prête à confusion.  Il y a aussi des naissances survenues en 2023.  Pour les cas à 0, il s’agit de naissances en fin d’année 2024 et les pères ont pris des jours en 2024. Ce n’est donc pas dans le rapport.

Un cas est une adoption qui a été prise en compte. 51 sont concernés ces jours de congés.

2- Rapport (29 pages + 3)

Voici une liste d’une quinzaine d’indicateurs défavorables aux femmes qui ont été relevés sur différentes pages de ce rapport :  

  • Page 3 – les TMB sont pour 80% des femmes contre 45% chez les cadres.
  • Page 6 – le nombre de femmes ayant accédé au temps partiel est beaucoup plus important chez les femmes que chez les hommes.
  • Page 8 – Les femmes cadres sont en horaire variable ou travail d’équipe plus fréquemment que les hommes.
  • Page 15 – La durée moyenne entre deux promotions est plus longue pour les femmes que pour les hommes.
  • Page 17 – L’ancienneté moyenne dans l’entreprise, et aussi dans la catégorie professionnelle, est plus élevée chez les femmes que chez les hommes.
  • Page 19 – la rémunération des femmes, que ce soit la médiane ou par quartile, est supérieure chez les TMB mais largement inférieure pour les cadres.
  • Page 20 – le salaire de base moyen mensuel des femmes cadres est inférieur à celui des hommes cadres, ainsi que la rémunération accessoire.
  • Page 21 – Le salaire des femmes est supérieur aux hommes pour seulement deux métiers repères (conseil en patrimoine et animation et responsabilité d’unité commerciale) et inférieur dans les 18 autres.
  • Page 27 : seules 99,3% ont été formées à leur retour de congés maternité/adoption/parental contre 100% des hommes.

Question 2.1 (page 3 à 27) : Quelles sont les explications globales que vous pouvez nous donner sur ces nombreux écarts constatés ci-dessus ? 

Réponse : La gestion des carrières est sur des critères hors genre.  Les femmes sont plus nombreuses en TMB mais restent au même niveau que 2023.  Pour les temps partiels, c’est la même chose.  Pour les promotions, c’est uniquement pour les personnes promues en 2024.  On note une baisse.  Le taux de femmes TMB est plus élevé que chez les hommes, la durée moyenne dans le niveau : 5 et 8 mois pour les hommes et 5 et 9 mois pour les femmes.

  

Question 2.2 (page 11) : Quel est le nombre de départs en maternité et combien de retours ?

Réponse : 296 départs et 306 retours

Question 2.3 (page 15) : Quel est le montant minimum, médian, moyen et maximum des augmentations de retours de congés maternité ?

Réponse : Le montant minimum conventionnel est de 850, la moyenne 1159, médiane 1020, max c’est une donnée personnelle.

Question 2.4 (page 15) : Quel est le taux minimum, médian, moyen et maximum des augmentations de retour de congés maternité ?

Réponse : Minimum 1,46%, Moyenne 2,03%, Médiane,1,86, Max 3,03

Question 2.5 (page 20) : Que recouvre, page 20 la rémunération accessoire ?

Réponse : C’est bonus prime et indemnité

Question 2.6 (page 21) : Comment est calculé le salaire de base moyen mensuel en euros ?

Réponse : Moyenne mensuelle divisée par 12

Question 2.7 (page 21) : Peut-on avoir ce tableau des rémunérations avec les codes emploi périmètre centraux parisiens ?

Réponse : Ces données seront transmises lors de la commission égalité de mardi 8 juillet 2025

Question 2.8 (page 22) : Pourquoi les femmes sont-elles absentes des 10 plus hautes rémunérations fixes de la banque chez les cadres ?

Réponse : Les 10 plus hautes restent au sein de MARK où les hommes sont majoritaires

Question 2.9 (page 32) : Quel est le budget annuel estimé à ce jour par le Groupe Société Générale pour atteindre l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes ? 

Réponse : Le budget alloué à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes relève de la NAO.  Pour 2023, il s’élevait à 3 millions, en 2024, il était à 9 millions.

 

3- Complément métiers repères (20 pages)

Question 3.1 :  A quelle date les niveaux de diplômes (général et bancaires) seront à jour dans le reporting ? Les entretiens professionnels permettent une telle mise à jour. 

Réponse : La mention est complétée lors de l’embauche de la personne concernée.  Ce niveau d’étude peut évoluer par la suite de la carrière professionnelle.  La Direction précise que 38% des cadres ont un niveau inférieur à 35% chez les cadres, cela ne fait pas partie des critères objectifs sur l’égalité

4- Articulation vie pro. et responsabilités familiales (8 pages)

Question 4.1 (page 8) : la Direction a projeté d’arrêter en 2024 la solution d’accueil occasionnel en crèches Babilou. Nous souhaiterions connaître avec le recul les différentes raisons de cette décision, l’économie que cela représente pour la Banque, et si le budget sera réorienté sur un projet équivalent pour accompagner les parents ? 

Réponse : Cela concernait très peu de personnes dans les services centraux parisiens.  Il reste des places d’urgence pour 0,2 million d’euros.


 

5- Actions réalisées 2024 et envisagées 2025 (13 pages)

Question 5.1 (page 2) : Pourrait-on avoir accès au e-learning de sensibilisation à la lutte contre la discrimination, les biais et les stéréotypes ? Pourrait-on également avoir le guide d’entretien à destination des managers recruteurs qui vise notamment à les sensibiliser à la non-discrimination ?

Réponse : Libre accès sur l’e-learning

Question 5.2 (page 2) : Quelle est la proportion de candidats au recrutement entre les femmes et les hommes ? Est-elle la même quel que soit le niveau de diplôme ?

Réponse : 43% des CDI sont des femmes sur 26000 candidatures. 51% des recrutements sont des femmes

Question 5.3 (page 6) : Pouvez-vous nous donner plus de détails sur la solution innovante de sensibilisation REMIXT « Réagir aux discriminations en tant que témoin » en termes de contenu et d’accès via MyLearning ?

Réponse : C’est une formation de 15 minutes, le module est ludique et non culpabilisant.

Question 5.4 (page 6) : Combien de situations de harcèlements discriminatoires ont été relevées en 2022, 2023, 2024 et 2025 au sein des SCP.

Réponse : On n’a pas d’indicateurs sur les SCP.  Par contre pour la France, il y a eu 179 alertes 2025 (64 via outils).  La totalité des dossiers est de 139 pour harcèlement et discrimination, 74 pour harcèlement moral, 21 pour harcèlement sexuel et 15 pour agissement sexiste.

Question 5.5 (page 6) : combien de femmes ont participé au programme EVE et aux différents ateliers au féminin ?

Réponse : 41 femmes ont participé à EVE en 2024 et 2025

Question 5.6 (page 6) : Avez-vous évalué l’impact auprès des femmes de ces programmes EVE et de ces différents ateliers car de plus en plus souvent elles préfèrent simplement un rattrapage de rémunération plutôt que des ateliers de sensibilisation ou de coaching ?

Réponse : EVE est sur 3 jours.  Il n’y a pas de mesure d’impact. Pour Become et accelerate, 3 à 6 mois, on mesure l’impact sur la carrière des femmes.  Cela inclut du coaching individuel.

Question 5.7 (page 7) : Pourrait-on avoir des données plus précises sur les candidats au « reskilling » à savoir sur ces quatre dernières années, par classification et par genre, le nombre de demandes rejetées, d’inscriptions effectives, d’abandons et d’échecs ?

Réponse : Sur les 4 dernières années 456 candidats, 6 échecs, 4 abandons, quelques sorties

Question 5.8 (page 7) : Pourriez-vous nous donner le nombre de jours moyens de formations par genre entre 2021 et 2024 ?

Réponse : c’est mentionné page 26 du rapport

Question 5.9 (page 8) : #Jamaissanselles, comment cela s’est décliné lors de l’assemblée générale des actionnaires et les personnes sur l’estrade ou les intervenantes ?

La charte a été signée en 2021 par les membres du codir, SG n’est plus membre en 2025. 

2. Rapport de la commission restaurant extraordinaire du 28 avril 2025

Intervenants : M. O. CORNIERES (HRCO/SSA), M. J-C. ECHARD (HRCO/SSA)

L’appel d’offres restauration sera envoyé en novembre, sans nombre fixé de fournisseurs, mais trois paraît déjà beaucoup. Il intégrera les points positifs actuels, les insatisfactions et les orientations stratégiques. Un délai long de réponse est prévu pour que les prestataires connaissent bien tous les sites. 

La commission restauration sera consultée à chaque étape. 

L’objectif principal est de simplifier et harmoniser des contrats anciens, moderniser les normes et faciliter la gestion. Des économies pourront être intégrées si possible. 

La fermeture de l’offre Express a transféré l’offre vers le self, mais les prix Express n’ont pas été conservés. La commission vérifiera les écarts de prix restants avec le restaurateur.

Télétravail : un changement à fort impact sur la restauration

La CGT est intervenue pour rappeler que le futur contrat de restauration ne peut pas être négocié en dehors du contexte d’évolution du travail.

La Direction a annoncé la dénonciation de l’accord télétravail.

  • Des négociations s’ouvriront en septembre 2025.
  • Objectif affiché : limiter le télétravail à un jour par semaine.

Même si l’application n’est pas prévue avant septembre 2026, ce changement de rythme va profondément modifier la fréquentation des sites… et donc les besoins en restauration.

Or aujourd’hui, la situation est déjà tendue :

  • Cafétérias toujours fermées,
  • Files d’attente longues,
  • Infrastructures sous-dimensionnées,
  • Offre qui ne répond plus aux usages réels.

Signer un nouveau contrat sans intégrer cette hausse annoncée, c’est prendre le risque d’avoir une offre dépassée dès sa mise en œuvre.

Cela mènerait à plus de frustration, de saturation, et à un désengagement des salariés.

La CGT demande que :

  • Le retour progressif sur site soit pris en compte dès maintenant,
  • Le cahier des charges intègre cette évolution,
  • Le dimensionnement du futur prestataire tienne compte de cette nouvelle donne.

Réponse de la Direction

La Direction confirme que le sujet du retour sur site sera bien intégré dans le cadre de l’appel d’offres en cours.

L’objectif est de donner aux prestataires une cible claire en termes de volume de repas quotidiens à prévoir.

Un travail d’estimation sera mené dans les prochains mois pour affiner ces projections, malgré la complexité liée à l’incertitude sur les effectifs présents à terme.

La Direction indique :

« Nous réaliserons des estimations aussi fiables que possible, et nous redimensionnerons l’offre et les espaces de restauration en fonction des effectifs attendus sur chaque site. »

(Exemple : ouverture de 5 ou 7 stands dans un même restaurant selon la fréquentation prévue.)

Enfin, la Direction s’engage à partager en amont les hypothèses retenues, afin que celles-ci puissent être ajustées au regard des négociations à venir sur le télétravail et des échanges avec la commission.

3. Rapport de la commission restaurant ordinaire du 11 juin 2025

Intervenants : M. O. CORNIERES (HRCO/SSA), M. J-C. ECHARD (HRCO/SSA)

Des fermetures et transferts ont eu lieu (Arche, Express, Columbus), avec des ajustements d'offres en cours.

La fréquentation baisse globalement (-5 %), surtout à Granite, tandis que Rive Droite et Basalte repartent à la hausse. 

L’arrivée de 800 salariés de Sakura vers les Dunes devrait influer à partir de juin. Les bornes de paiement sont peu utilisées, et les cafétérias d’étage restent problématiques. 

Le modèle Express est critiqué pour sa qualité et son attractivité. Les coûts augmentent de 4 à 6 % selon les sites. 

Les objectifs bio d’EGAlim ne sont pas atteints, malgré le respect du zéro plastique et des menus végétariens. 

Le gaspillage alimentaire est suivi de près, avec des marges d’amélioration. Des efforts sont faits sur l’hygiène, le tri des déchets et les initiatives durables. 

Bibac progresse mais nécessite encore des ajustements et une meilleure communication.

4. Rapport de la CSSCT Pôle Est du 27 mai 2025

Voir le compte-rendu sur le site

5. Rapport de la CSSCT Pôle Ouest du 28 mai 2025

Outre le compte-rendu déjà disponible sur le site, la CGT rappelle la définition du traumatisme vicariant : “Nombre de professionnels de santé sont régulièrement confrontés à des situations complexes. Riches en émotions, ces situations peuvent être à l’origine de cicatrices invisibles. Dans ce contexte, le traumatisme vicariant ou la fatigue compassionnelle émerge donc comme une réalité souvent méconnue mais profondément impactante. “La CGT demande d’inscrire ce risque dans le DUER - document unique d’évaluation des risques professionnels.

La CGT revient sur l’accident 35 de la SSCT Pôle ouest.  En effet, lors du départ aux urgences, nous étions sûrs qu’il y aurait une déclaration d’accident de travail.  Sauf que la Direction n’a pas été en mesure de transmettre la feuille de soin avant trois jours.  De ce fait, c’est la mutuelle qui paie les soins de santé (pharmacie par exemple) alors que cela devrait être la branche des accidents de travail (branche bénéficiaire).  Si Société Générale pouvait éviter de charger inutilement les frais de la mutuelle, cela serait bien.  Il faudrait donc, pour la CGT, revoir le processus RH.

La CGT est revenue sur le cas n°7, qui met en lumière une dérive préoccupante : un salarié est en arrêt prolongé après qu’un entretien d’évaluation a en réalité servi à lui annoncer un reclassement. Ce terme apparaît d’ailleurs dans la déclaration d’accident du travail.

Le service concerné n’apparaît plus dans l’annuaire, ce qui confirme clairement qu’une réorganisation a eu lieu. Le salarié devait donc changer de poste, ce qui explique le choc psychologique qu’il a subi.

Nous demandons des informations précises sur ce service :

1/Pourquoi ce service n’existe-t-il plus ?

 2/Comment les salariés concernés ont-ils été accompagnés ?

3/Dans quel cadre cette réorganisation a-t-elle été menée ?

On ne peut pas imposer une réorganisation en dehors de tout cadre collectif, sous couvert d’un simple échange individuel. C’est une méthode violente, qui fragilise le salarié.

La direction parle d’absence de signes avant-coureurs.

La CGT dit : le ressenti du salarié suffit. Quand quelqu’un s’effondre, c’est qu’il y a eu violence. Point.

La direction a pris note de ce point.

Par ailleurs, la direction de PRIV est venue nous expliquer que selon elle tout va bien malgré l’alerte lancée en octobre 2024 :

Selon vos retours, la situation ne va pas mieux.

Selon la Direction, les métriques ne relèvent aucune alerte : les arrêts maladie, le turnover, le baromètre et un état des lieux des projets.  L’entité est en croissance et à vocation à croître.  Les journées sont intenses et les objectifs ambitieux.  L’ambition est de poursuivre.


6. Information de suivi de l’évolution de l’organisation du KYC de la Banque Privée France

Intervenants : Mme H. BOUDOUX (PRIV/BMO), Mme S. BELHASSEIN (PRIV/HUM)

I – Les Dates clés

  • Le 13/05/24 : Transmission du dossier d’information aux élus du CSEE
  • Le 21/05/24 : Réunion d’information CGT aux salariés du Service PRIV/FRA/COO/RES/CLI
  • Le 23/05/24 : Présentation du dossier aux élus du CSEE des SCP
  • Le 24/05/24 : Diffusion aux salariés du CR CGT du CSEE du 23/05.
  • Le 27/05/24 : Diffusion aux salariés de l’extrait de séance CSEE du 23/05.
  • Le 06/06/24 : Diffusion aux salariés du PV et de la transcription de la séance CSEE du 23/05.
  • Le 11/06/2024 : Diffusion aux salariés des réponses de la Direction de PRIV/FRA non apportées en séance du 23/05
  • Le 04/12/24 : 1ère enquête de terrain CGT après 3 mois de mise en œuvre de la réorganisation
  • Le 09/12/24 : Diffusion des résultats de l’enquête à la Direction et à la RH
  • Le 28/04/25 : 2ème enquête de terrain CGT après 8 mois de mise en œuvre de la réorganisation
  • Le 12/05/25 : Diffusion des résultats de l’enquête à la Direction et à la RH
  • Le 07/07/25 : Commission de suivi du projet en CSEE

II – Le bilan du projet de réorganisation du KYC, vu par la Direction

Hélène BOUDOUX, Directrice adjointe de la Direction de Ressources de PRIV/FRA (PRIV/BMO/RES) était accompagnée de Stéphanie BELHASSEIN (HRBP) pour présenter le bilan du dossier de réorganisation du KYC de PRIV/FRA. 

Hélène BOUDOUX a présenté le support préalablement transmis aux élus : 

En 2023, post fusion avec le CDN, un vaste programme a été lancé à l'échelle de la banque avec l'objectif de trouver des pistes d'amélioration qui permettraient de libérer du temps commercial aux banquiers. Chez PRIV/FRA, une dizaine de chantiers ont été identifiés et deux concernaient le KYC, l’un sur le processus d’entrées en relation et l’autre sur les revues périodiques des clients. Des mesures de terrain ont été lancées par une mission interne qui avait finalement travaillé sur l'ensemble du dispositif, en partant des banquiers jusqu’aux MO/BO.

Sur la partie Revues KYC, un process outillé a été mis en place début 2024 et le processus d’EER a donc fait l’objet d’un projet de réorganisation qui a été présenté au CSEE de mai 2024.

Ce projet avait pour but, à iso effectif, de reprendre une partie de l'activité des équipes commerciales sur la gestion privée et la gestion de fortune en redistribuant les rôles entre les banquiers assistants et les équipes Middle sur tout ce qui concernait la partie administrative des entrées en relation avec la création d'une équipe Préparation aux côtés de l'équipe Contrôle préexistante et, le tout, Hélène BOUDOUX le répète pour bien passer le message au cas où nous n’aurions pas bien saisi :  « à iso effectif ».

Hélène BOUDOUX poursuit avec le point de situation à date : 

L’équipe Préparation a été créée en septembre 2024 et est actuellement composée de 10 collaborateurs internes, 2 renforts temporaires et d'un manager. Cette équipe couvre aujourd'hui les périmètres des régions Savoie, Auvergne, Rhône-Alpes, Île-de-France nord et sud pour la gestion privée et la gestion de fortune. Les collaborateurs de cette équipe sont issus soit du transfert de collaborateurs de l'équipe historique Contrôle qui ont souhaité rejoindre cette nouvelle équipe soit de recrutements hors Banque Privée à l’occasion des mobilités de certains collaborateurs de l’équipe Contrôle. L’équipe Contrôle dans son format actuel a été constituée en septembre 2024 par la fusion des 3 pôles préexistants et elle est composée à date de 13 collaborateurs internes, de 2 renforts temporaires et de 2 managers.

Hélène BOUDOUX précise que les engagements - demandés et défendus par les élus CGT lors du CSEE de mai 2024 – ont été respectés :  

  • Aucune suppression de poste effectué
  • Pas de changement de centre d’activité : PRIV/BMO/RES/CLI pour les 2 équipes
  • Aucune incidence sur le lieu de travail géographique des équipes ni sur les horaires de travail
  • Création d’un poste de manager pour l’équipe Préparation
  • Calendrier de mise en œuvre : Hélène BOUDOUX avoue que le calendrier prévu initialement (déploiement de ce nouveau dispositif pour toute la France début 2025) n’a pu être tenu car à ce jour seulement 40% du périmètre sont couverts, suite à la décision de suspendre le déploiement jusqu’à l’arrivée de l’outil (gains attendus liés à l’automatisation des contrôles et à l’édition automatique des documents).

Hélène BOUDOUX avoue que « C’est un déploiement qui ne se fait pas sans difficulté et particulièrement depuis le mois de janvier » et explique qu’il y a eu sur le premier semestre une très forte production commerciale (20% de de production supplémentaire par rapport aux prévisions sur lesquelles le dimensionnement des équipes avait été calculé) ce qui a évidemment engendré une grosse charge de travail. En outre, l’équipe Préparation créée en septembre 2024 est composée de 2/3 de collaborateurs issus de mobilités internes et qui ont dû donc apprendre complètement le métier. De plus, la montée en compétence de cette équipe a été impactée par l'absence de longue durée de 2 collaborateurs experts en charge des formations.

Du côté de l’équipe KYC Contrôle il y a également eu une grosse conduite du changement à mener car, initialement composée de 3 pôles avec des expertises séparées, les collaborateurs ont dû se former sur certains aspects du métier qu'ils ne pratiquaient pas ou très occasionnellement pour effectivement installer plus de polyvalence que celle qui préexistait et notamment sur la partie des Personnes Morales.

Face à cette situation, des ajustements ont été nécessaires :  

- Renforts temporaires dans chaque équipe (+2 pour l’équipe Préparation et même +3 pendant 2 mois, +2 pour l’équipe Contrôle)

- Suppression d’une partie des contrôles sur les dossiers qui étaient préparés par l'équipe préparation ce qui a permis de baisser la charge côté équipe contrôle (environ 20%)

- Heures supplémentaires pour l'équipe Préparation sur le premier trimestre

- Setup encore différent depuis environ un mois suite à une nouvelle ambition commerciale (opération « Panache ») qui a vocation entre juin et septembre 2025 de conserver un rythme d’entrées en relation identique à la production entre janvier et mai 2025. Cette ambition pose évidemment une problématique de charge de travail en cette période de congés annuels (équipes réduites globalement de moitié) d’autant plus que la livraison du nouvel outil d’EER qui prévoit certains automatismes dans le but d’aider les collaborateurs prend du retard (bug structurant détecté début mai, résolu que depuis la semaine dernière) ce qui a empêché le déploiement et a obligé de continuer avec l’outil tactique (fichier Excel) mis en place depuis septembre 2024. Pour ces raisons, il a donc été décidé de suspendre la préparation des dossiers gestion privée pendant la période de l'été afin de diminuer la charge de l'équipe Préparation et également celle de l'équipe Contrôle puisqu'il a été demandé à l'équipe préparation de ne plus préparer les dossiers et d’utiliser la capex libérée pour prendre en charge 100% de la finalisation des dossiers afin de baisser la charge côté Contrôle. L’objectif pendant l'été étant de poursuivre les corrections si nécessaire sur le nouvel outil d'EER et de pouvoir gérer la charge qui va arriver à un moment où les équipes seront moins nombreuses. Il est espéré qu’en septembre l’outil soit pleinement opérant ce qui permettrait de reprendre la préparation des dossiers et d'envisager un déploiement au Desks pilotes dans des conditions optimales pour le business et pour les collaborateurs.

Hélène BOUDOUX présente ensuite le bilan intermédiaire de ce projet : 

- L’équipe KYC Préparation a préparé plus de 3000 dossiers. Sur les régions concernées, le constat est que la production sur les personnes morales a doublé car ce sujet est compliqué sur la gestion privée et le fait d'avoir une équipe d'experts qui est habituée à traiter des personnes morales aide les banquiers à finaliser leurs EER.

- En revanche la rotation des dossiers en préparation ne se fait pas aussi rapidement que ce qui avait été expliqué pendant la première présentation du projet et il y a en permanence un stock d’environ 800 dossiers préparés par l'équipe préparation mais en attente entre les mains des banquiers (par ex, le client voulait rentrer en banque privée mais se ravise ou a besoin de davantage de réflexion). Ainsi un délai d’EER prévu théoriquement entre 8 et 15 jours avec une rotation rapide peut se transformer sur le terrain en un délai de plus de 2 ou 3 mois ce qui n’est évidemment pas neutre en termes de charge de travail complémentaire (un certain nombre de contrôles ont une durée de validité et donc doivent être refaits après un certain temps).

- Il a été constaté un bon taux de qualité sur les personnes physiques (Assurance Qualité au « vert » ces deux derniers mois) ce qui a permis d'alléger les niveaux de contrôle même si ce sujet est suivi de très près car l’équipe Préparation est jeune et a été très fortement sollicitée avec beaucoup d’adaptations sur ce premier semestre.

- Il a été choisi de commencer avec un outillage tactique mais qui a montré ses limites face aux volumes liés à une production commerciale de plus de 20% par rapport à l’attendu et au fait qu’il a été difficile de donner de la visibilité aux banquiers (Excel et échanges par mails) avec parfois des demandes du FO en doublon.

- Pour toutes ces raisons les délais de traitement ont glissé sur les deux équipes et le délai historique des EER à J+2 ne peut plus être tenu. Une discussion a alors eu lieu avec la Direction Commerciale pour savoir quels étaient pour eux les délais acceptables et il a été conclu qu’un délai de J+2 pour la gestion de fortune et J+4 pour la gestion privée étaient la cible, et ces délais sont tenus aujourd’hui.

- Certains chantiers, importants mais non prioritaires, ont été décalés côté équipe contrôle (remise à jour des procédures qui devront de toutes façons être revues avec le déploiement du nouvel outil).

- Plan d’action en cours sur le contrôle des Revues qui est la deuxième mission principale de l’équipe Contrôle car les délais ont également glissé étant donné la charge sur les EER : il a été d’abord décidé de suspendre cette mission ce qui a généré du stock qui est actuellement en résorption grâce aux 2 renforts externes sur cette équipe.

- Les échanges avec le FO démontrent qu’il y a un vrai intérêt sur la préparation de dossiers mais avec le constat d'un process qui génère trop d'allers retours et un travail est donc en cours pour simplifier le process.

- Une grande réflexion est en cours sur le redimensionnement de l'équipe puisqu’aujourd’hui la trajectoire d'entrée en relation prévue pour les années à venir est supérieure à celle du modèle connu jusqu'à présent, et donc les constats présentés en mai 2024 pour cette réorganisation ne correspondent plus à la réalité des volumes. Il est désormais nécessaire d’avoir une vision plus en amont des objectifs commerciaux et de comment ils vont se décliner sur l'année. De plus, il va falloir tirer les enseignements des bénéfices du nouvel outil dès qu’il sera déployé.

Mme BOUDOUX conclut son intervention : « Toutes ces réflexions doivent mener à pouvoir bien faire et dans des conditions de travail qui sont les bonnes pour les collaborateurs, à bien dimensionner les équipes. » et précise que « on a des questionnements et des remarques de collaborateurs sur lesquels il faut effectivement qu'on travaille comme l'intérêt de la mission et la motivation sur le poste, nous devons travailler avec eux le sujet car cette organisation permet plus de polyvalence donc de voir plus d'activités différentes mais certains collaborateurs estiment que l’intérêt de leur poste est moindre, nous devons travailler sur ces sujets ».

Mme BELHASSEIN prend ensuite la parole pour donner la vision RH du sujet : 

« Effectivement on fait face en fait à une réorganisation qui n’est pas complètement aboutie, vous l'avez bien compris, pour plein de raisons : forte activité commerciale, difficultés liées au process, difficultés liées aux retards de livraison de l'outil, et puis on a des difficultés humaines, les salariés ont été impactés par ces changements notamment, c'est évident, en termes de charge de travail,  en termes de ressenti charge de travail, en termes de perte de confiance entre les équipes FO et les équipes MO/BO alors qu’avant ces équipes fonctionnaient très bien ensemble. »

« Aujourd'hui l'idée c'est de réfléchir réellement à une solution pour accompagner le business dans cette transformation dont on se rend compte qu'elle n’est pas encore totalement aboutie. »

« La direction de PRIV et la RH ont ainsi sollicité l'intervention d'un cabinet externe « Empreinte Humaine » pour intervenir et lancer une démarche d'accompagnement de bien-être au travail pour cette équipe. On a une première démarche qui se lance dès à présent auprès des managers avec des entretiens individuels au niveau des différentes strates managériales N+1, N+2, N+3 puis, à la rentrée de septembre, il y aura des entretiens collectifs avec les 2 équipes impactées pour évaluer leur ressenti de charge, leur vécu au travail, et les difficultés qu'ils rencontrent. »

« L'idée c'est bien de mettre en place avec Empreinte humaine un plan d'action efficace pour qu'on arrive in fine à réussir sur ce projet, on ne peut pas ne pas réussir ».

III – Intervention des élus CGT : remontées terrains, demandes, constats, et débats… tendus !

Généralement, lorsque les Directions viennent faire le bilan d'une réorganisation dans le cadre de la commission de suivi, elles synthétisent en faisant un raccourci et en affirmant dans leur bilan que tout va pour le mieux à la fois pour le business et pour les salariés et que tout se déroule absolument conformément à ce qui avait été présenté ici en CSEE et donc ce qui était prévu.

Force est de constater que dans cette restitution, et les élus CGT ont apprécié l’« honnêteté de ce bilan alarmant, traduisant que de multiples ajustements non prévus ont été nécessaires et que la cible est encore loin d'être atteinte par rapport à l'objectif initial de ce dossier… »

Les élus CGT sont longuement intervenus car il semble que l'aspect social de ce projet ou plus précisément les conditions très dégradées de travail des salariés depuis cette réorganisation n'ont pas été suffisamment développés alors même que la Direction de PRIV/FRA ainsi que la RH a eu l'occasion, et nous dirions même l'opportunité, d'avoir pu récolter à 3 reprises l'avis des salariés, qui sont quand même les mieux placés pour parler de leurs conditions de travail : 

La CGT a en effet procédé à deux enquêtes terrain pour sonder comment était vécue cette réorganisation sur les deux équipes, l'équipe historique KYC Contrôle fortement réduite et la nouvelle équipe KYC Préparation née dans la douleur. D'ailleurs les élus CGT avaient proposé à la Direction et/ou la RH d'initier cette enquête terrain qui nous semblait être une bonne initiative mais cette proposition n'a pas été accueillie favorablement par la Direction de PRIV/FRA ce que nous trouvons dommage. De là, la CGT s'en est aimablement occupé : 

a.         1ère enquête lancée début décembre 2024 soit 3 mois environ après la mise en œuvre de la réorganisation, les résultats de cette enquête ont été transmis le 19/12 à la Direction et à la RH de PRIV/FRA. 

16 réponses obtenues sur 19 salariés interrogés.

Bien qu'il y ait quelques points positifs comme l'intérêt des nouvelles missions et la diversité des tâches, certains indicateurs étaient déjà préoccupants à l'époque : 

88% déclaraient subir une charge de travail bien plus lourde

63% se plaignaient de délais bien moins tenables pour assurer leur mission

68% estimaient que la qualité rendue au FO est moindre voire bien moindre

62% se déclaraient moins ou bien moins motivés 

69% se sentaient moins ou bien moins épanouis

Sans parler de verbatims qui venaient illustrer ces difficultés.

Face à ces constats assez alarmants socialement parlant, et la demande de la CGT de mettre en place un plan d'action dédié pour améliorer ces indicateurs, aucune réponse, et nous disons bien aucune réponse ni par oral ni par écrit, n'avait été apportée à l’époque par la Direction à la suite de cette enquête CGT malgré ces résultats pour le moins inquiétants.

b.         2ème enquête lancée fin avril de cette année soit 8 mois après la mise en œuvre du projet. Les résultats ont été communiqués à la Direction et à la RH de PRIV/FRA le 12/05.

15 réponses obtenues sur 24 salariés interrogés.

Nous avons constaté des indicateurs en forte dégradation par rapport à la 1ère enquête environ 5 mois auparavant : 

60% déclarent vivre moins bien voire beaucoup moins bien leur poste depuis la 1ère enquête

86% déclarent que la charge de travail s'est alourdie voire s'est nettement alourdie depuis la 1ère enquête

86% déclarent que les délais sont moins tenables voire bien moins tenables depuis la 1ère enquête

80% estiment que la qualité rendue au FO est moindre voire bien moindre

80% se disent moins voire bien moins motivés depuis la 1ère enquête

80% se disent moins ou bien moins épanouis depuis la 1ère enquête.  

Vous avez apporté une réponse le 22/05 (nous supposons que le fait d’avoir fait remarquer au CSEE du 13/05 à l'occasion d'un autre sujet qu'il est dommage que la Direction ne prenne pas la peine de répondre à des enquêtes terrain et de proximité des partenaires sociaux alertant sur des conditions de travail dégradées de certains collaborateurs y est grandement pour quelque chose…). Dans votre réponse du 22/05, vous nous avez informés que vous rencontrerez les équipes mi-juin.

c.         Restitution de cette rencontre avec les salariés des deux équipes KYC Préparation et KYC Contrôle le 16/06 :

Déjà, certains collaborateurs ont souhaité préciser qu'il y avait encore aujourd'hui des heures supplémentaires effectuées et donc au-delà du 1er trimestre comme indiqué dans votre bilan.

Mais ce qui est le plus important et inquiétant, ce sont les mots prononcés par les salariés des deux équipes et que nous avons lus en séance pour la parfaite information du CSEE : 

- Depuis cette réorganisation nous subissons une charge mentale très forte, on ne peut jamais se déconnecter de la production, il n'y a plus une seconde dédiée à autre chose que le travail,

- Nous avons moins le temps pour faire les choses bien. 

- Nous avons eu de multiples points avec notre management et la Direction des Ressources et malgré nos remarques, rien ne change…

- On nous demande très régulièrement de prendre en charge de nouvelles tâches mais sans nous laisser le temps pour la formation qui se fait dans la précipitation et donc les sujets ne sont pas maîtrisés et pourtant on nous demande de faire, ce qui nous met en stress.

- La qualité a baissé au niveau de l'interaction avec les BP, et les relations sont tendues avec le FO du fait de la charge trop importante. Ceci nous met également en stress.

- Dans l'équipe KYC Préparation on a absorbé à ce jour seulement 40% du périmètre total avec que 10 personnes, comment on va faire pour tenir 100%, cela nous semble impossible et nous inquiète fortement

- Dans l'équipe KYC Contrôle, même constat avec en plus un sentiment que le poste a largement perdu de son intérêt car est devenu "industriel" avec des outils problématiques

- Nous sommes usés. Il n'y a pas assez de bras, je n’ai jamais été usée comme ça et pourtant je suis endurante. On n’a pas le temps de répondre aux sollicitations des BP. On n’a pas le temps de se former, il faut tout gérer, psychologiquement ça m'a usé. Pour moi cela va aller qu'en s'empirant, car on nous rajoute des tâches toutes les semaines et donc j'avoue que "Je lève un peu le pied"

- Manager de proximité de l'équipe KYC Contrôle : j'ai eu 16 demandes de priorisations vendredi, je n'ai jamais vu ça en 8 ans de poste !

- Qu'est-ce que l'on va devenir, on craint l'avenir ! On fournit des efforts depuis des mois mais on ne peut pas continuer comme ça, c'est impossible. Je ne pourrai pas tenir ce rythme-là dans le temps

Nous avons d'ailleurs noté que le Directeur des Ressources lui-même a eu ces mots lors de cet échange : Il y a eu effectivement une, nous citons "Charge anomale en début d'année et, nous citons toujours "On ne veut pas continuer comme ça". D'après le Directeur des Ressources, il y a 4 axes pour améliorer la situation selon lui : discussions avec la Direction Commerciale pour convenir de délais de traitement plus raisonnables et ne prioriser que ce qui doit l'être, amélioration du process, développements IT et enfin (et nous notons que cela a été dit en dernier), renforcer le Staffing. 

La RH, pour sa part, dit qu'elle entendait l'inquiétude pour l'avenir, elle se propose de faire des entretiens individuels.

Alors l'écoute des salariés est évidemment une bonne chose mais ce que les salariés attendent surtout c'est une amélioration rapide de leur condition de travail qui s'est donc fortement dégradée depuis cette réorganisation. Cela fait plusieurs mois que la Direction des Ressources « réfléchit », cela serait bien d’agir maintenant !

Ainsi, face à ce constat pour le moins inquiétant, les élus CGT ont souhaité obtenir des réponses et des engagements de la part de la Direction des Ressources et de la HRBP afin de limiter autant que faire se peut les impacts sur les salariés qui subissent depuis des mois des conditions de travail très dégradées :   

1.         Que comptez-vous faire, à court terme, et nous insistons bien sur le "court terme" pour améliorer les conditions de travail des salariés des deux équipes KYC Préparation et KYC Contrôle, et en particulier, mais cette liste n'est pas exhaustive, alléger la charge de travail, dispenser une vraie formation aux salariés sans leur demander de prendre des tâches non maîtrisées dans l'urgence, stabiliser les process pour éviter de continuellement changer les tâches des collaborateurs ? Car les 4 leviers d'actions présentés par le Directeur sont malheureusement plutôt du moyen voire long terme. Or nous voyons que nous avons une vraie problématique de surcharge de travail et d’épuisement des salariés et ce depuis environ 10 mois de mise en œuvre de cette réorganisation. Indépendamment de votre réponse, la CGT demande que, à la demande de l’employeur, chaque salarié des deux équipes soient reçus individuellement par la médecine du travail dans un délai raisonnable (disons qu'en prenant en compte la période estivale, il serait bien que tous les salariés soient reçus par le médecin avant fin septembre) car nous estimons que seul un médecin du travail a l'expertise pour détecter d'éventuels signes précurseurs d'un épuisement au travail.

2.         Le Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels identifie spécifiquement une catégorie de RPS en lien avec un contexte de transformation et décrit une série de mesures préventives qui peuvent être mises en œuvre. Pouvez-vous ainsi nous lister les actions entreprises par la Direction des Ressources dans le cadre des trois catégories de prévention prévues par ce document à savoir la prévention primaire, secondaire et tertiaire ? Etant donné les remontées terrains que nous venons de lire, la CGT estime que la Direction des Ressources ainsi que les services RH de PRIV/FRA n'ont pas mis en œuvre, jusqu'à présent, un dispositif suffisant pour prévenir les RPS des salariés de ces deux équipes dans ce contexte de forte transformation et de surcharge de travail depuis des mois. 

3.         Force est de constater que le calibrage des équipes présenté dans le projet de réorganisation de mai 2024 à savoir, en cible, 13 ETP pour l'équipe Préparation et 11 ETP pour l'équipe contrôle se révèle aujourd'hui largement sous-estimé pour toutes les raisons que vous avez exposées. Nous vous rappelons d'ailleurs que, lors du CSEE de mai 2024, nous avions émis de sérieux doutes quant aux estimations de charge effectuées qui concluaient à une charge opérationnelle de 7,8 ETP pour une équipe composée de 22,8 ETP. Ces doutes se sont avérés sur le terrain et le fait que le nombre d'EER à réaliser soit supérieure aux prévisions ne peut expliquer à lui seul cet écart important entre vos estimations et la surcharge de travail subie par les salariés depuis des mois.

Allez-vous ainsi – enfin - procéder au renfort pérenne, par des collaborateurs internes et non par des renforts ponctuels externes (avec toutes les contraintes que cela impose notamment en termes de formation) des deux équipes en prenant en compte les nouvelles données et surtout le fait que la réalité terrain confirme que la charge des équipes Préparation et Contrôle a été largement sous-estimée ?

4.         Quelques mois après la mise en œuvre de la réorganisation, nous constatons que de nombreux ajustements ont dû être opérés pour assurer les missions au risque de ne pas pouvoir prendre en charge les ambitions commerciales de la Banque Privée : 

a.         Auparavant, les chargés de middle office étaient autonomes dans leur organisation quotidienne et priorisaient les dossiers en fonction des demandes reçues directement du FO. Tous sont unanimes pour dire que cette autonomie dans la gestion des priorités était une vraie valeur ajoutée du poste. Or, maintenant, étant donné que les délais se sont sensiblement allongés, les managers de proximité doivent ventiler nominativement les dossiers en fonction des très nombreuses demandes de priorisation reçues dans la journée. Les collaborateurs vivent cela comme une régression de leur statut d'experts, « on dirait que nous sommes à l’école », tout comme les managers de proximité de l'équipe KYC Contrôle d'ailleurs qui avaient instauré une vraie autonomie des collaborateurs au fil des ans et qui constatent donc une régression dans la maturité des process.

b.         L'équipe Préparation réalise désormais et nous dirions même de plus en plus des tâches de contrôle ce qui n'était pas prévu dans le dossier initial comme la mise en portefeuille et diverses autres tâches normalement réalisées par l'équipe Contrôle. Ainsi, la fiche de poste qui a été présentée aux salariés début juin 2024 pour leur permettre de faire un choix éclairé de rejoindre ou non l'équipe Préparation n'a pas été complètement respectée car de nouvelles tâches leur ont été imposées. De plus, les dernières discussions tendent à confirmer qu'une part non négligeable des dossiers d'EER ne sera finalement plus contrôlée par l'équipe Contrôle pour être intégralement prise en charge par l'équipe Préparation, et ce de façon pérenne et non plus seulement en situation de crise, ce qui là encore n'est pas conforme au dossier présenté.

c.         10 mois après la mise en œuvre de la réorganisation et malgré le recours à 4 renforts externes, des heures supplémentaires sont toujours effectuées par certains collaborateurs internes ce qui confirme, si cela était nécessaire, que le staffing des équipes est insuffisant.

d.         Sur cet été, et vous l'avez dit, l'équipe Préparation suspend sa mission de préparation d'une partie des dossiers pour réaliser des tâches de contrôle et donc, là encore, le travail des collaborateurs n'est pas en cohérence avec la fiche de poste présentée. 

Donc voici l'observation que la CGT souhaite faire à M. le Président du CSEE : nous voyons donc que le dossier présenté ici même en mai 2024, et pour lequel la Direction des Ressources de PRIV/FRA s'est engagée sur le contenu et les principes en le présentant devant les élus, a vu certains de ses principes cadres unilatéralement être modifiés par la Direction des Ressources et ce moins d'un an après sa présentation en CSEE. Pour la CGT cela peut s'apparenter à un délit d'entrave car nous vous rappelons qu'un dossier de réorganisation présenté devant les IRP se doit d'être éclairé et sincère.

5.         Spécifiquement au niveau RH : plutôt que d'être dans une position passive, sans que ce terme soit péjoratif, c’est-à-dire en attendant que des salariés demandent des entretiens individuels, il nous semble que toutes ces remontées terrain sont de nature à déclencher des entretiens individuels à la demande de l'employeur pour chaque salarié des deux équipes. La CGT demande donc que vous planifiez ces entretiens à très court terme.

6.         Suite à ces diverses demandes, la CGT demande qu'un nouveau point soit fait ici en CSEE avant la fin de cette année.

Cette intervention de la CGT requiert bien évidemment des réponses de Mme BOUDOUX et Mme BELHASSEIN et toutes les réponses non obtenues en séance de ce jour seront apportées dans un second temps dans le prolongement de cette séance du CSEE, les élus CGT ayant pris le soin d’envoyer au Président du CSEE l’intégralité de leurs interventions et de leurs questions ci-dessus listées.

Mme BOUDOUX reprend la parole pour répondre à ces questions et confirme de nouveau que « La mise en place de ce projet était difficile et particulièrement depuis le mois de janvier qui correspondait au redémarrage de l'activité commerciale de 2025. »

Mme BOUDOUX explique ensuite qu’il y a deux contextes d'équipes différents : l’équipe historique KYC Contrôle a vu effectivement son contexte changer car les mesures de terrain ont constaté que la charge de travail sur la mission cœur à savoir les entrées en relation et les revues ne correspondait pas complètement au staff avant la réorganisation car il y avait eu depuis 5 ou 6 ans des plans de remédiation successifs qui avaient largement occupé tout le staff puis, après les chantiers liés à la fusion avec le CDN. A l’occasion de ces chantiers, il a donc été constaté qu’il y avait dans cette équipe historique une capacité importante à absorber des chantiers exceptionnels et ponctuels. Pour cette réorganisation, il a effectivement été décidé de redimensionner cette équipe et de la recentrer sur son cœur de mission.

Mme BOUDOUX tient ensuite à préciser que « Les délais dont on parle sont des délais dont la Direction des Ressources est responsable vis-à-vis des fronts, et donc ce n’est pas de la responsabilité du collaborateur, et certainement qu'il faut qu'on le réexplique, les collaborateurs ne sont pas responsables du glissement des délais qui est dû à des événements exogènes, les collaborateurs ne sont pas responsables d’un afflux de dossiers qui n'est pas absorbable. »

Mme BOUDOUX poursuit : « Cette équipe historique Contrôle n’a pas choisi cette transformation et effectivement subit une charge au quotidien qui est plus importante que celle qu'elle pouvait avoir précédemment parce qu’il n’y avait pas toujours des chantiers de remédiation complémentaire à son activité et donc on pouvait avoir effectivement une activité avec un stock à 0 ce qui arrive plus aujourd'hui. »

Puis il y a l’équipe Préparation qui est dans un autre contexte : les collaborateurs ont choisi de rejoindre cette équipe Préparation parce qu’ils croient au projet d'améliorer globalement la préparation des dossiers pour soutenir les banquiers et leur dégager du temps commercial.

D’après Mme BOUDOUX « J'ai assisté à la réunion évoquée et les collaborateurs veulent que ça marche, il y a eu beaucoup d’échanges après cette réunion entre l’équipe, son manager et moi-même et ils croient au projet. Le questionnement sur l'avenir venait effectivement d'un collaborateur de l'équipe préparation qui s'inquiétait tout en constatant et en nous disant après un mois de recul que le dispositif estival qui est effectivement temporaire et qui n’est pas complètement ce qu'on avait prévu sur cette équipe-là est une bonne décision parce qu’ils veulent continuer mais avec un outil qui fonctionne parce qu’effectivement le fichier Excel c'est compliqué pour eux au quotidien et ils veulent pouvoir redémarrer sereinement avec un outil. Ils veulent pouvoir aboutir sur ce projet parce qu'effectivement ils croient en l'apport que peut avoir la préparation du dossier pour l'entreprise et c'est intéressant pour eux de de travailler là-dessus. »

Concernant les difficultés liées à la formation, Mme BOUDOUX avoue que « Effectivement il y a des formations qui ont été faites rapidement et c'est vrai que beaucoup de sujets ont été abordés et que beaucoup d'adaptations ont été nécessaires surtout dans cette équipe KYC Préparation plutôt que dans l’équipe KYC Contrôle pour qui il fallait diminuer la charge. Le fait de faire baisser la charge de l’équipe KYC Contrôle a souvent impliqué que l’équipe KYC Préparation se forme rapidement sur des sujets. Le dispositif estival mis en place permet de remettre en place des formations et de les finaliser dans des conditions qui conviennent aux collaborateurs qui nous ont confirmé croire au projet et vouloir redémarrer sur des bonnes bases avec l'outil au mois de septembre. »

Concernant la question sur le staffing des équipes : un nouveau collaborateur a été accueilli au mois de juin, ce poste avait été ouvert dès décembre 2024 pour anticiper la charge de travail mais ce collaborateur n’est arrivé que la 2ème quinzaine de juin. Mme BOUDOUX déclare ensuite que « Le recours à des renforts temporaires n’est pas l'objectif sur la durée, en revanche cela fait partie aussi des engagements que j'avais pris il y a un peu plus d'un an en disant que si à un moment effectivement il y a besoin de renforts pour des raisons de charge alors ils seront mis en place. Je conviens que sur le moment c'est une charge de formation et c'est important de prendre ce temps de formation avant qu'effectivement ça puisse apporter aux équipes. »

Concernant les process, Mme BOUDOUX se dit « Parfaitement en phase, il faut qu'on les stabilise et après toutes les difficultés vécues il est important qu’on ait été capable de se rendre compte que dans le cadre du projet il y avait un certain nombre de choses qui avaient été imaginées et qui à l'épreuve de la réalité ne se passent parfois pas tout à fait comme nous l’avions imaginé. L’objectif est qu’à la rentrée on ait une vision très claire sur ce qu'est le process et comment il doit être ajusté, que les ajustements soient faits pour qu'effectivement on redémarre de manière stable. »

Mme BOUDOUX, consciente ne pas avoir répondu à toutes les questions posées par les élus CGT, s’engage à y répondre post CSEE et conclut son intervention : « Je me suis engagée auprès de l’équipe Préparation pour redémarrer à la rentrée l’activité de préparation avec le nouvel outil et on le fera pas-à-pas afin de d'être certain que les choses redémarrent dans de bonnes conditions et que le tempo serait donné par les collaborateurs et que, en tout état de cause, il n'y aura pas de déploiement sur d'autres régions sans que les staffs ne soient déjà arrivés, en place et formés. »

Mme BELHASSEIN prend la parole à son tour et confirme qu’ils répondront précisément à toutes ces questions importantes. 

Mme BELHASSEIN commence son intervention par une métaphore : « Aujourd’hui on a effectivement un équipage qui a besoin d'être rassuré, qui vient de vivre des mois assez compliqués et qui a besoin d'être rassuré sur l'avenir. On a aujourd'hui des commandants de bord qui savent très bien où est-ce qu'ils doivent aller mais qui n'ont pas forcément la volonté de prendre la bonne direction ou la même direction tous ensemble. On a des acteurs clés, les managers, qui ont besoin d'être alignés et de prendre la bonne direction ensemble. C’est pour cela que l’on fait intervenir un cabinet externe et il me semble indispensable qu'on ait aujourd'hui un acteur externe qui vienne reprendre l'ensemble des éléments, faire des entretiens individuels, remettre les process sur la table, prendre en compte aussi l'arrivée de l'outil. On a besoin d'avoir un intervenant qui soit impartial, indépendant, pour mettre au clair la situation. Évidemment je peux rencontrer les collaborateurs un par un, la médecine du travail peut aussi les rencontrer bien évidemment. J'avais demandé que des entretiens soient faits au démarrage du projet mais je pense que c'était assez compliqué au quotidien pour les uns et les autres et il ne m'a jamais été clairement demandé de rencontrer les collaborateurs un par un et ça c'est bien le rôle du manager aussi d'alerter la RH dans la prévention des RPS, de se parler, de se dire Stéphanie on a un sujet, j'ai un problème, j'ai un collaborateur qui va mal il faut le faire voir par la médecine du travail. Ça je sais faire, je sais écouter, je sais recevoir, je sais aussi en orienter vers la médecine du travail quand c'est absolument nécessaire. Aujourd'hui c'est un sujet dont je regrette qu'il soit évoqué puisque ça ne m'a pas été remonté préalablement en revanche on a bien eu une session collective il y a un mois qui a été effectivement un moment d'expression unique et moi je tiens à remercier l'ensemble des collaborateurs, ils ont tous pris la parole ils ont tous pris le micro mais voilà aujourd'hui c'est une équipe qui, je suis navrée de le dire, subit des conséquences d'une situation que plus personne ne maîtrise. » 

Les élus CGT s’indignent fortement de cette intervention de la HRBP qui est tout à fait hors sol, hors sujet et complètement déplacée : la situation alarmante décrite par les salariés trouverait donc ses racines dans le « non alignement des managers », ben voyons !!! Et donc le cabinet Empreinte Humaine serait en fait mandaté pour tout remettre à plat et réaligner la ligne managériale… On croyait naïvement que l’objectif premier était de trouver des solutions pour améliorer la qualité de vie au travail et les conditions de travail des salariés des deux équipes concernées… 

De là s’en suit un échange (très) tendu entre les élus CGT et Mme BELHASSEIN que nous trouvons très (trop) sur la défensive : comment la HRBP peut dire qu’elle n’était pas au courant des difficultés des salariés alors qu’elle a été destinataires des deux enquêtes de terrain CGT avec les résultats alarmants décrits plus haut ? Comment, en tant que HRBP, elle n’a pas eu le réflexe de déclencher des actions RH préventives face aux résultats alarmants des enquêtes comme, par exemple, recevoir individuellement les salariés ou de proposer un espace d’échange ? Cette attitude passive de la RH, qui finalement n’intervient pas si les managers ne font pas d’alerte (ce qui d’ailleurs est tout à fait inexact pour ce dossier car des alertes locales avaient été émises très régulièrement dès fin novembre / début décembre 2024) nous sidère… 

Les élus CGT, qui synthétisent donc, d’après ce qui vient d’être présenté, que nous sommes face à un réel échec de la réorganisation (et même un double échec si nous prenons en compte le « bug » sur le nouvel outils d’EER qui vient tout juste d’être corrigé) réaffirment fermement – d’autant plus face à la réaction de la HRBP que nous trouvons déplacée et qui tend à nous faire penser que nos revendications ne seront pas suffisamment prises en compte - leurs demandes à savoir : 

1) Que chaque salarié soit reçu individuellement par la médecine du travail et ce à la demande de l’employeur d’ici fin septembre

Mme BELHASSEIN, de nouveau, semble vouloir esquiver la demande CGT: « Les personnes vont être reçues par des psychologues du cabinet Empreinte Humaine, individuellement concernant les managers et à compter de septembre en groupe (5 collaborateurs pour l’équipe Préparation, 5 collaborateurs pour l’équipe Contrôle). Si évidemment certains d'entre eux souhaitent être reçus par la médecine du travail… La question c'est est-ce qu'ils souhaitent être reçus ou est-ce que c'est la direction qui doit organiser ces entretiens ? C’est ce que vous souhaitez ? »

Les élus CGT réaffirment que ce qu’ils souhaitent est que la médecine du travail reçoivent bien tous les collaborateurs individuellement et ce à la demande de l’employeur. Notre demande est pourtant assez claire nous semble-t-il… D’autant plus que le cabinet Emprunte Humaine n’est pas compétent en la matière, seul le médecin du travail peut faire et a le droit de faire un lien entre le travail et les maux d’un salarié.

Mme BELHASSEIN remercie la CGT de cette précision et propose d’informer les collaborateurs qu’ils seront donc prochainement reçus par la médecine du travail. Nous nous sommes enfin compris mais nous avons dû, de notre point de vue, vraiment trop insister, cette non écoute et non prise en compte des alertes des IRP de la part de Mme BELHASSEIN sont très inquiétantes pour la suite de ce projet…

2) Que chaque salarié soit reçu individuellement par la ligne RH d’ici fin septembre

Mme BELHASSEIN rétorque que cela a été fait « pour partie », soit, mais la demande de la CGT est que cela soit fait pour tout le monde… Mme BELHASSEIN prend note…

3) Concernant le cabinet Empreinte Humaine

Les élus CGT espèrent avoir le bilan de ce cabinet mais précisent qu’Emprunte Humaine ne va regarder que les aspects humains de la situation : surcharge de travail, comment se sentent les salariés, niveau des RPS, reconnaissance du travail des salariés...

Les élus CGT demandent que la prochaine intervention de la Direction de PRIV/FRA et de la RH pour ce dossier de réorganisation en CSEE (suite à notre demande d’avoir un nouveau bilan de cette réorganisation face aux constats alarmants, le Président du CSEE a consenti à un deuxième point de situation avant fin de l’année 2025, ce qui est assez exceptionnel, il faut le souligner et dénote bien que ce projet de réorganisation est vraiment problématique) ne soit pas qu’un simple suivi mais bel et bien une nouvelle proposition d’organisation ou tout du moins des ajustements substantiels de ce projet. Car le fait de faire +20% pour la productivité commerciale est une bonne chose – surtout pour les actionnaires, et cela fait plaisir à la Direction Générale - mais cette ambition ne peut pas se faire au détriment de la santé des salariés. L’intérêt de tout le monde est que tous les salariés aillent bien et si chaque salarié va bien alors la productivité sera au rendez-vous, il est vrai que recruter coûte de l’argent mais c’est de l’investissement.

Concernant la formation des salariés qui doit continuer ou reprendre cet été avec le dispositif annoncé pour libérer du temps à l’équipe KYC Préparation : les élus CGT n’ont pas bien compris comment il sera possible de libérer du temps alors que les ambitions commerciales restent très fortes cet été avec l’opération Panache et que la moitié des effectifs sera en congés annuels ?

Mme BOUDOUX répond alors qu’elle n’a peut-être pas été assez précise : certains ateliers de formation de l’équipe KYC Préparation ont en fait déjà été réalisés sur le mois de juin par les deux experts de cette équipe. De plus, le dispositif a été revu en prévision de Panache en supprimant sur une partie des dossiers la tâche de préparation pour se mettre dans un schéma de contrôle ce qui a baissé leur charge de travail et leur a permis sur le mois de juin de diligenter des ateliers de formation. La nouvelle recrue est en en tutorat avec un collaborateur de l'équipe et donc monte en compétence, en sachant qu’elle avait déjà une certaine connaissance des Entrées en Relation hors PRIV.

Lors d’un tour de table, les élus du CSEE rapprochent ce bilan – alarmant – avec d’autre remontées terrain tout à fait inquiétantes chez PRIV à Haussmann : plutôt que de recruter des banquiers en FO, il a été décidé de reporter de la charge sur les fonctions supports à iso-effectif avec la conséquence désastreuse que nous pouvons observer dans ce dossier. Les différentes visites terrain de la CSSCT pôle ouest depuis plus d'un an à Haussmann confirment la hausse continue des risques de RPS et du mal-être des salariés et des alertes ont régulièrement été levées sans aucune réaction ni action menée de la part de la direction. A chaque fois qu’une délégation de la CSSCT entre dans le bureau RH à Haussmann, toujours la même réponse : « Tout va bien, il n’y a pas de point d'attention particulier ».  Nous pouvons donc en tirer la conclusion qu’au lieu de casser l'organisation et la dynamique existante en envisageant la situation seulement d'un point de vue gain budgétaire, pourquoi ne pas avoir eu une vision beaucoup plus RSE et long-terme en embauchant des ressources dans les équipes ce qui permettrait à terme d'accroître l'engagement, les résultats financiers, la satisfaction client, pourquoi le recrutement est devenu un mot tabou et qu'il n'est jamais envisagé comme une des solutions possibles ? 

Mme BELHASSEIN répond que « La question du jour c'est bien de dire qu'on déborde de la charge administrative qui ne doivent pas incomber aux banquiers pour la reporter sur des équipes middle-office donc la question n'était pas de recruter, la question était de déporter de la charge administrative sur des middle-office dont on estimait qu’ils pouvaient absorber à iso-effectif ».

Là encore, cette intervention de la RH laisse les élus sans réelle réponse et donne l’impression que, malgré la situation socialement difficile présentée dans cette séance depuis deux heures, la RH reste aveugle et sourde aux réalités terrain pourtant confirmées par Mme BOUDOUX : Stéphanie BELHASSEIN persiste « la preuve n’est pas encore donnée que la charge de travail n’est pas absorbable à iso-effectif, nous sommes encore à la phase du bilan, nous allons recourir à un cabinet externe, aujourd’hui on ne peut pas répondre à la question de savoir si il faut organiser différemment de ce qui était prévu dans ce projet. »

Les élus insistent pour savoir si le recrutement sera une des voies possibles, Mme BOUDOUX prend la parole « Le recrutement est une voie possible, mais il faut voir cela au regard des apports de l'outil en termes d'automatisations sur un certain nombre de sujets qui prennent énormément de temps à l'équipe aujourd'hui, au regard d'un certain nombre d'aménagements de process et au regard effectivement de ce que l’on doit envisager en termes de staff, les choses sont liées, vont être travaillées ensemble et à date le sujet du recrutement n’est pas exclu, mais dans le respect des contraintes budgétaires qui devront être articulées avec les besoins. »

Les élus CGT rebondissent ensuite sur une des interventions de Mme BELHASSEIN qui a avancé qu'une des justifications pour faire appel au cabinet extérieur Empreinte Humaine serait un « non alignement de certains managers sur les objectifs de ce projet de réorganisation ». Les élus CGT demandent alors à la RH de justifier, factuellement, ce qui lui fait dire qu’il y aurait un mauvais alignement managérial alors que toutes les décisions de la Direction des Ressources prises ces derniers mois ont toutes, sans exception, été appliquées par les managers concernés et ce très rapidement (souvent dans les 24h de la prise de décision).

Mme BELHASSEIN répond alors « Comme les salariés de l'équipe qui ont un ressenti de charge de travail très importante moi-même j'ai un ressenti en tant que RH qui me fait dire que nous ne partageons pas, mais je ne vais pas m'inclure dedans parce que je ne suis pas dans le dispositif, mais les managers entre eux ne partagent pas peut-être la même direction sur ce projet donc je vais laisser intervenir un cabinet externe pour analyser ce ressenti. Je ne suis pas dans vos réunions, ni dans votre organisation donc c'est le cabinet externe qui sera chargé d'y répondre je l'espère »

Les élus CGT estiment que cette réponse est encore une fois tout à fait symptomatique de l’échange non constructif avec la HRBP tout au long de ce CSEE car nous rappelons que la RH doit prôner la politique du Speak up et nous nous apercevons qu’en fait lorsque certaines personnes osent exprimer qu’ils pensent que l’organisation d’avant ce projet était davantage efficiente, l’interprétation qui en est faite par la RH est un « non alignement managérial sur ce projet de réorganisation » 

Mme BELHASSEIN répond alors que « le fait de s'exprimer est fondamental, on est bien d'accord mais je pense que là on a un sujet d'organisation à proprement parler et de se dire quelle est la meilleure solution pour réussir ce projet et là aujourd'hui très sincèrement moi-même je ne sais pas donc je ne peux pas dire, je ne peux pas factualiser la situation, je peux juste dire que je constate que vous n'êtes pas tous d'accord entre vous et qu’il va falloir trouver une solution. »

« Lors des entretiens individuels confidentiels, vous pourrez vous exprimez sur la situation que vous déplorez, les difficultés que vous rencontrez, vos idées d'action aussi pour améliorer les choses et de toutes les façons il faudra en tirer un plan d'action sur lequel tout le monde sera responsable parce que cette responsabilité elle est collective, elle est managériale avant tout évidemment mais on a tout un équipage derrière qui suit et qui attend et qui nous regarde pour s'assurer que l’on va vraiment trouver une solution à leur quotidien. C’est tout ce qui m’incombe. »

Les élus CGT sont également étonnés d’avoir entendu de la part de la HRBP qu’il fallait apporter la preuve d’une surcharge de travail alors que la présentation qui vient d’être faite montre des délais de traitement qui se sont allongés, la présence de renforts externes et des heures supplémentaires non pas été réalisées que sur le 1er trimestre 2025 mais également sur le 2nd trimestre 2025 par le témoignage d’un salarié.

C’est finalement Mme BOUDOUX qui prend la parole : « Il n’y a pas de débat et je l’ai dit tout au long de ma présentation, il y a bien de la charge de travail qui est supérieure à celle qui était prévue dans le cadre du projet, il n’y a pas d'ambiguïté là-dessus. Concernant les heures supplémentaires ; il y a effectivement eu des heures supplémentaires régulièrement effectuées sur le 1er trimestre par l’équipe Préparation mais sur le 2ème trimestre c’est l’équipe elle-même qui a spontanément proposé à son manager de faire des heures supplémentaires face à la charge de travail dans des situations de dossiers urgents. Mais les heures supplémentaires au 2ème trimestre ne sont pas récurrentes mais bel et bien ponctuelles et si on a fait un ajustement cet été sur le dispositif, c'est justement pour préserver les collaborateurs pour qu’ils ne se retrouvent pas en situation d'une charge de travail sur lequel il devrait effectivement reproposer de faire des heures supplémentaires récurrentes. »

Après plus de deux heures de débats tendus surtout avec la HRBP Mme BELHASSEIN nous avons donc eu la confirmation que ce projet de réorganisation du KYC de PRIV/FRA est très loin d’être abouti et à la cible du projet de réorganisation présenté en mai 2024. Tout à fait consciente de cette situation, la Direction des Ressources de PRIV/FRA tentent d’ajuster le dispositif au gré des outils non livrés, des process à parfaire, et des ambitions commerciales qui s’amplifient avec un impact direct sur la (sur)charge de travail des MO/BO de PRIV/FRA (PRIV/BMO depuis la réorganisation de la BU PRIV) en refusant jusqu’à ce jour de renforcer de façon pérenne les équipes alors même que tous les signaux justifient cette voie, dégradant ainsi fortement les conditions de travail des salariés. 

Nous avons été particulièrement déçus de l’attitude et des (non) réponses apportées par la HRBP des équipes concernées qui était, à notre sens, bien trop sur la défensive et dans une position ne favorisant ni l’écoute, ni l’échange. 

Les salariés vivent des journées difficiles depuis la mise en œuvre de cette réorganisation en septembre 2024, un plan d’action sur les outils et les process cet été ainsi que l’intervention du cabinet extérieur Empreinte Humaine - seraient dixit la Direction des Ressources et la RH - des facteurs d’amélioration des conditions de travail des salariés concernés. 

Soyez assurés que les élus CGT continueront à suivre de très près cette réorganisation et le sort des salariés concernés dans ces deux équipes KYC Préparation et KYC Contrôle dans les mois à venir et donnent rendez-vous à Mme BOUDOUX et Mme BELHASSEIN devant le CSEE pour une nouvelle restitution de la situation fin 2025.

 

9. Point suite à l’expertise votée au CSEE du 16 décembre 2024 relative aux conditions de travail de la SU IGAD

Les élus du CSEE ont été informés par la secrétaire du CSEE des suites de la procédure.

Nous prenons acte de la décision de justice rejetant notre demande d'expertise.

Nous restons néanmoins préoccupés par la situation au sein de la SU IGAD (conditions de travail, surcharge, …)

Nous souhaitons insister sur la dégradation des conditions de travail de cette SU.

Nous vous alertons sur le risque de récidive et nous vous demandons de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la santé de ses salariés.

10. Questions diverses

1/ La CGT alerte sur la communication imposant un entretien mi-année obligatoire d’ici fin juillet, notamment au sein de SGSS, et ce sans cadre cohérent ni concertation préalable avec les instances représentatives du personnel (IRP).

La CGT rappelle que lors de la commission de suivi de l’évaluation et de la performance, la Direction s’était engagée à respecter le cadre de l’instruction groupe, qui ne prévoit que deux entretiens obligatoires : fixation d’objectifs et évaluation annuelle.

La CGT déplore que cette décision unilatérale remet en cause la qualité du dialogue social.

La CGT souligne par ailleurs que l’instruction Groupe, repris dans le code SG, prévoit déjà des feedbacks continus et des échanges réguliers tout au long de l’année, à l’initiative du manager, sans formalisme imposé. Le fait d'imposer cet entretien de mi-année en pleine période estivale génère du stress pour les salariés et les managers.  Le risque de décalage sur septembre est réel alors que c’est déjà le mois consacré à la préparation de l’évaluation annuelle.

De plus, l’argument utilisé par la Direction pour ne pas appliquer l’accord égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n’est qu’un processus supplémentaire est trop important pour les managers.

Enfin, la CGT demande, un retour à l’esprit initial de l’instruction et une clarification immédiate auprès des salariés confirmant que cet entretien n’est pas obligatoire, sauf évolution concertée de l’instruction groupe.

La Direction répond que les entretiens de mi-année s’inscrivent dans la logique de feedback continu prévue par le Code Société Générale. Ils ne sont donc pas en contradiction avec l’instruction groupe et il n’est pas envisagé de revenir sur la communication envoyée.  Ce n’est absolument pas l’avis de la CGT, vous l’aurez compris !

2/ La CGT interroge la Direction concernant les accidents de trajet.  Que fait-elle pour les prévenir ?  La CGT est inquiète car ces accidents vont augmenter avec le retour sur site et la hausse des déplacements ? La Direction répond que ses marges de manœuvre sont limitées, sauf à interférer dans la vie personnelle des salariés. Aucune évolution de la cotisation au titre des accidents de trajet/travail de la banque n’est envisagée à ce stade.

3/ La CGT demande quelle est la procédure qui est utilisée pour déterminer le niveau de poste lors du recrutement ?  La Direction rappelle le processus de recrutement et répond que c'est le manager qui choisit le niveau du poste, souvent identique à celui de la personne remplacée.  La RH revoit l’offre avant publication et l’équipe recrutement vérifie l’absence de discrimination.

La Direction rappelle que le niveau de poste est affiché uniquement sur Bourse emplois internes, pas sur SG Carrières (externe).

4/ Quelle est la procédure d'attribution de la classe lors de la prise de poste?  La Direction explique le processus de recrutement et pour la lettre, elle indique qu'on regarde ce qui se faisait avant.  L'avis des élus CGT est que cela ne permet pas de gérer la discrimination.

5/ les élus CSE signalent que le quota de CFC/MTS est presque atteint et demandent s’il est possible d’envisager une révision des plafonds. 

La Direction répond que ce point pourra être abordé dans le cadre de la négociation à venir. 

De son côté, la CGT rappelle que l’accord en cours prévoit la tenue d’une réunion entre la direction et les organisations syndicales dès que le quota est atteint, afin de décider des suites à donner.

Olivier D. CSEE 10 Octobre 2024

Plan des centraux : Le coup de sifflet final !... ou de départ ?  

Le coup de sifflet final !... ou de départ ?

La consultation du CSE des Services Centraux sur le projet de réorganisation de 8 BU/SU s’est achevée le vendredi 26 avril, après une semaine entière de débats (cf. notre compte rendu). Pour nous, les enjeux du projet portent, non seulement sur le nombre record de 1050 postes supprimés, mais aussi sur le contexte social morose où le groupe SG brille par l’absence de vision stratégique et de relais de croissance à long terme. La surcharge de travail est devenue la première préoccupation des salariés interrogés lors du Baromètre Collaborateur. La mobilité interne grippée pose un sérieux doute sur l’efficacité du dispositif d’accompagnement social du plan proposé par direction. Le volet délocalisation du projet montre de fortes incohérences entre la volonté de Slawomir Krupa de bâtir des processus efficaces et la délocalisation du service le Fil RH.

Le travail des experts de SECAFI a permis, lors des consultations, de confirmer la pertinence des alertes que nous avions remontées dès la publication du projet. Car malgré une compréhension des objectifs de réduction de coûts recherchés, les experts de SECAFI ont mis en évidence les limites et obstacles du projet (cf. le rapport d’expertise) : Projet uniquement motivé par la réduction de coûts sans vision stratégique ; Précipitation et impréparation de la déclinaison opérationnelle de l’objectif financier dans les BU/SU ; Lacunes du dispositif d’accompagnement ; Délocalisations des activités clés pour la banque avec risques de perte d’expertise ; L’absence du suivi effectif de la charge de travail… C’est donc sans surprise que nous avons voté contre ce projet, vous trouverez ici, notre motivation de vote.

Avec cette consultation, la direction a donné le coup de sifflet final aux discussions. Et malgré un vote unanimement contre, la direction va pouvoir procéder à la mise en œuvre du projet avec l’envoi du courrier aux salariés concernés par des suppressions de poste au début du mois de mai. A la CGT, nous sommes organisés pour accompagner individuellement l’ensemble des salariés dès la mise en œuvre du projet, tout en gardant l’intérêt général comme axe de défense dans cette bataille qui aura duré 4 mois

La précipitation

                Après plusieurs semaines de « rumeurs » dans différentes presses économiques, la direction nous a remis, le 5 février, un dossier de réorganisation de 700 pages concernant 8 BU/SU ayant un impact social conséquent avec la suppression de 946 postes dans les Services Centraux Parisiens (-288 RESG, -185 GBSU, -182 SGRF, -84 GLBA, -77 DFIN, -73 AFMO-EURO, -57 HRCO). A la lecture du dossier, nous avions immédiatement alerté les salariés et la direction sur : L’absence de vision stratégique accompagnant ce énième projet de réduction des coûts ; la précipitation déraisonnable du calendrier de la consultation et de sa mise en œuvre ; l’insuffisance du dispositif d’accompagnement reposant principalement sur la mobilité en interne déjà en souffrance ; les délocalisations des activités sensibles avec des risques opérationnels et de pertes de compétences élevés ; la nécessité d’un pilotage fin de la surcharge de travail, existante et induite par le projet. Par conséquent, nous avons réclamé la suspension du projet et l’ouverture immédiate des concertations avec les organisations syndicales pour que la direction nous clarifie le positionnement du projet dans une vision stratégique à long terme ; Définir un dispositif de reclassement transverse effectif avec un suivi efficace de la charge de travail ; Réaliser une revue des activités délocalisées dans le cadre du projet et le maintien du service le Fil RH en France.

                Dès le 7 février nous avons organisé des échanges collectifs avec les salariés concernés par la réorganisation pour partager nos analyses et nos positions sur le projet. Ce sont plus de 1000 salariés qui se sont connectés aux différentes réunions tenues entre le 7 février et le 12 février. Nous avons également reçu plusieurs centaines de salariés individuellement, répartis sur l’ensemble des BU/SU concernées, pour prendre connaissance de leur situation, leurs besoins et préoccupations.

                Parallèlement nous avons proposé aux autres syndicats de faire bloc pour réclamer à la direction des concertations préalables sur les composantes stratégiques du projet, sur la nécessité de repenser le dispositif d’accompagnement, sur la délocalisation inconsidérée du Fil RH et sur le calendrier déraisonnable que la direction voulait imposer pour traiter ce projet. Nous n’avons pas obtenu de retour des autres syndicats. Seul le SNB estimait qu’il fallait respecter le timing serré par la direction au motif que « le temps est anxiogène ». Habituellement dans de pareils cas, on conseille aux personnes qui doivent faire face à une situation compliquée et malheureuse de faire le nécessaire pour l’éviter et de l’affronter si l’évitement est impossible. Il est rare d’entendre que le meilleur moyen d’y faire face serait de faire en sorte qu’elle arrive au plus vite.

                C’est donc seuls mais bien préparés et déterminés que nous sommes rentrés dans le CSE marathon des 19 et 20 février. Pendant ces deux journées de CSE nous avons déployé toute notre énergie pour relayer les problématiques remontées par les salariés et pour convaincre la direction de la nécessité de ralentir et de prendre le temps nécessaire de repenser le dispositif d’accompagnement et le suivi de la charge du travail. Nous avons également rappelé les règles qui encadrent les transferts de postes.

Nous avons chargé les experts SECAFI présents pendant ces deux journées d’étendre leurs études des impacts économiques et sociaux à la mise en place d’un indicateur de surcharge de travail pendant toute la durée de mise en œuvre du projet.

[Vous trouverez ici les comptes rendus des séances du CSE des 19 et 20 février.]

L’épicentre

Une semaine après la remise du dossier de 700 pages aux élus du CSE des services centraux parisiens, la direction conviait les organisations syndicales représentatives à une première réunion de négociations de l’accord d’accompagnement. En déclaration préalable, nous avons contesté fermement le manque de temps nécessaire pour aborder l’ensemble des sujets du dossier qui vise à supprimer plus de 1000 postes dans 8 BU/SU et nous avons jugé déraisonnable et inacceptable la volonté de la direction de clore le dossier en 2 séances de CSE. Nous avons exigé l’ouverture de discussions préalables sur la stratégie et un dispositif robuste d’accompagnement transversal aux BU/SU, piloté en interne et localisé à Paris. Enfin, nous avons exigé le renoncement de la délocalisation du Fil RH. Nous avons rappelé que ces points étaient essentiels et constituaient, pour nous, les lignes rouges à ne pas franchir. Une fois de plus, nous étions seuls sur ces positions.

Pendant 5 séances de négociations intenses, nous avons défendu bec et ongles les 100 points du cahier des charge que nous avions constitués à la sortie des rencontres avec les salariés en février et mars. Chaque réunion était dédiée à des thèmes divers, 12 février : Réunion de cadrage, 26 février : Le reclassement, 4 mars : La délocalisation, 11 mars, 15 mars : Les mesures spécifiques de départ ! Nous avons pris un soin particulier pour préparer ces séances en communicant les points négociés et en prenant en compte les retours des salariés. A la sortie de chaque séance, nous avons réalisé un compte rendu détaillé afin que chacun puisse suivre l’avancée des négociations et noter les points en suspens (Les compte rendu des négociations : 12 février : ouverture du bal, 26 février : le reclassement , 4 mars : Bugalore, 11 mars, 15 mars : tous concernés ! )

Le 16 mars, la direction a remis aux organisations syndicales la version finale de l’accord pour signature. Nous notons des avancés de l’accord avec le dispositif de rachat des trimestres, la revalorisation salariale des TA, CFC et MST. La direction versera à la mutuelle 1 200 €/an pour chaque départ suivi de la portabilité. Nous avons fait inscrire la possibilité pour les SDC TMB de postuler sur les postes cadres.

Mais avec cette version, la direction n’a pas tenu compte de nos alertes sur les points essentiels :

Un dispositif d’accompagnement bancal mais annoncé comme renforcé ; HRCO/MET, la direction de métiers qui pilote le plan subit 9 suppressions de postes ; les reclassements sont gérés par un prestataire comme nous le craignions ; la direction maintient la délocalisation du Fil RH dont l’utilité et la connaissance de la législation sociale ne sont plus à démontrer ; les indemnités de départ sont rabotées avec l’intégration des variables/bonus à partir de 10 ans au lieu de 5 ans comme sur les derniers accords ; l’absence du suivi des charges de travail.

Nous avons donc lancé une consultation des salariés : faut-il signer ou non l’accord ? Les résultats sont très nets en faveur de la non-signature, à 87%.

Le 27 mars l’accord a été signé par la CFDT et le SNB. Pendant toute la période de négociation, nous avons déploré l’absence de position commune des différents syndicats, tous nos appels à une réunion intersyndicale afin de consolider nos positions sont restés sans retours. Le SNB a poussé le bouchon un peu plus loin en faisant payer l’expertise indispensable sur le sujet par le CSE (non par la direction).

Le théâtre

L’analyse du contexte et des risques, ainsi que les échanges collectifs ou individuels sur le projet dès le début du mois de février, nous ont permis de construire nos interventions lors des CSE et nos revendications lors des séances de négociation. Rappelons que dans de telles réorganisations, l’accord concentre en lui-seul le cadre qui fournit l’ensemble des règles encadrant la mise en œuvre. Tout ce qui n’est pas dans l’accord n’est pas opposable à l’entreprise. Nous avons sans cesse rappeler le rôle primordial et le caractère contraignant de l’accord qui diffère de la simple information du CSE (qui reste une phase indispensable pour la compréhension du dossier).

C’est pour cette raison que nous avons provoqué les discussions avec les salariés, puis nous avons porté leurs préoccupations et leurs interrogations au CSE en février et enfin nous avons défendu leur position avec les revendications et propositions à chaque séance de négociation en mars.

Les autres organisations syndicales ont préféré une autre méthode. Elles ont attendu les premières séances du CSE en février, pour demander à la direction d’organiser des commissions économiques pour rencontrer les salariés. Résultat, les commissions ont lieu début mars pour 2 SU (GBSU et DFIN, 7 et 8 mars) et fin mars/début d’avril pour les 6 autres BU/BU. Pendant toute la période de la négociation, qui va du 12 février au 15 mars, une faible partie des salariés a été rencontrée.  Nous avons du mal à déceler la logique d’une telle méthode qui néglige la phase préparatoire qui consiste à la co-construction de revendications dans la négociation de l’accord, dont le rôle est pourtant essentiel dans de telles situations. Privilégier uniquement la phase dialogue pendant les CSE comportent des risques. Nous rappelons que si les échanges d’informations avec la direction lors des CSE sont indispensables pour la compréhension du dossier, ils ne doivent pas constituer un but en soi car ils leur manquent le caractère contraignant qu’impose à la direction un accord pour la mise en œuvre du projet.

Vous trouverez ici toutes les informations utiles pour comprendre et pour vous orienter pendant la période de mise en oeuvre du plan.

Philippe FOURNIL CSEE 16 Mai 2024

Tout savoir sur les réorganisations GBIS - IBFS - Directions centrales - 18 Octobre 2019

Pour accéder à l'ensemble des informations, c'est un accès réservé aux salariés.
Pour y parvenir, il faut se connecter avec son identifiant ou sur l'intranet, cliquer sur Connexion INTRANET (en haut à droite - connexion via votre code Sésame).

valmy750

 

Le post morten de la réorganisation et du plan 

Infos pratiques : 

  • Et les numéro de téléphone pour la hotline du plan : 0 800 73 08 10 - +33 1 86 52 60 70
  • Lien Intranet pour prise de rdv avec un conseiller : https://rdv-directiondesmetiers.com
  • pour le PTA, vous devez adresser à partir du 1er juillet 2019 un mail à l’adresse générique Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • pour lever la confidentialité, il faut faire un courriel à l'adresse générique Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..
  • "Je sors de l'entreprise, les questions à se poser avant de partir..."



Les commissions de validation (direction) et les commissions de suivi/recours (Direction / syndicats) :

  • Le bilan de la commission de validation du 26 juillet : ici
  • Le compte rendu CGT de la commission de recours et de suivi du  29 aout est ici
  • Le compte rendu de la direction de la commission de recours et de suivi du  29 aout est ici
  • La commission de suivi du 23 septembre 2019 est ici
  • Le compte rendu CGT de la commission de suivi du 18 octobre 2019 est ici
  • Le compte-renu de la Direction de la commission de recours et de suivi du 18 octobre 2019 est ici
  • Le compte rendu CGT de la commission de suivi du 4 Novembre 2019 est ici
  • Le compte rendu CGT de la commission de suivi du 3 décembre 2019 se trouve en suivant ce lien



hand 853188 1920

 LA NEGOCIATION - LES ACCORDS - LES TEXTES - LES EXPLICATIONS :

  • Réorganisations GBIS - IBFS - Le Rapport SECAFI
  • Les courriers type envoyés à 1277 salariés France et 55 expatriés
  • L'accord GBIS IBFS de mai 2019 signé est disponible ici
  • La validation de la Direccte est ici ( 21 mai 2019 )
  • Le projet d'accord RCC - nouvelle version du 7 mai 2019 -  signé le 9 mai suite à la consultation des salariés
  • Le projet d'accord RCC du 29 avril
  • Donnez votre avis : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
  • Le projet d'accord RCC du 25 avril 2019



calculator 1277492 1920

Outils et infos :

  • L'accord Emploi du 13 mars 2019  - notre 4 pages de synthèse des dispositifs -  la FAQ sur l'accord et sur les réorganisations
  • La calculette
  • Quel régime fiscal ?
  • Le calendrier tel que connu à ce jour



library 869061 1920

  • Les négociations spécifiques au dispositif de RCC : réunion de négociation du 15 avril - réunion du 23 avril   - Le projet d'accord RCC du 25 avril 2019 - Réunion du 29 avril
  • L'homologation de la DIRECCTE 92

 

  • LES DOCUMENTS DE LA REORGANISATION - LA CONSULTATION DES INSTANCES REPRESENTATIVES DU PERSONNEL :
    • Les dossiers de réorganisations GBIS - IBFS - directions centrales 
    • Notre compte rendu de la réunion précédent la remise des documents officiels 
    • Notre compte rendu de la rencontre avec Séverin Cabannes
    • Notre compte rendu de la rencontre avec Philippe Heim
    • Réunion du CE des Centraux le 24 et 28 Mai
    - voici le pré rapport du cabinet Sécafi (21 mai 2019 ) 

 

  • Le CE des centraux le 18 avril matin :
    • Consultation sur le Projet de Réorganisation et Adaptation des effectifs :
    • GBIS/TRS, GBIS/CCO, HRCO/GBI, MARK, CORI-GLFI, WAAM, SGSS, GBS, AFMO, EURO, RUSS, URBS, IRBA  
    • + Addendum (du 28 mai)  Mark/cty & descartes Trading - Intervention de Mme L. LEMAIGNEN (GBIS/TRS), Mme A. C. ROPERS (HRCO/GBI), Me N EYT (IRBA/RBD) et Mme POTTIER (AFMO/HQE/HUM)
    • - Matrice de passage de MARK
    • - ADDENDUM MARK/CTY & DESCARTES TRADING (ANNULE ET REMPLACE LES PAGES 43-45 ET COMPLETE LES PAGES 17-18 ET 79-83 DU DOSSIER CONSULTATION SUR LE PROJET DE REORGANISATION ET D’ADAPTATION DES EFFECTIFS)
    • Consultation sur le Projet de Réorganisation de : COMM, CPLE, DFIN, SEGL. - Intervention de Mme L. LEMAIGNEN (GBIS/TRS), Mme A. C. ROPERS (HRCO/GBI).
  • Le comité européen réunis le 26 avril :
  • PRESENTATION DU PROJET DE REORGANISATION ET D’ADAPTATION DES EFFECTIFS DES LIGNES METIERS ET FONCTIONS SUPPORT DE LA BANQUE DE GRANDE CLIENTELE ET SOLUTIONS INVESTISSEURS ET SES IMPACTS DANS LES PAYS EUROPEENS
  • Cf le compte rendu CGT

 

 

clip2pourqui2

Philippe FOURNIL CSEE 18 Octobre 2019
  1. L'intelligence artificielle rend les BFI plus efficaces - Agéfi 3 octobre 2019
  2. Compte rendu de la commission de recours et de suivi du plan GBIS IBFS - 23 septembre 2019
  3. Le planning des permanences CGT pour répondre aux questions plan GBIS IBFS en juin 2019
  4. Accord d'accompagnement GBIS IBFS - signé le 9 mai 2019

Page 1 sur 3

  • 1
  • 2
  • 3
© 2025 Le site officiel de la CGT Société Générale
  • 01 42 14 30 68
  • info@cgtsg.fr
www.cgtsocgen.fr www.cgtsocgen.fr
  • Accueil
    • Les Infos CGT SG
    • Dernières actualités
  • Se Connecter
  • S'inscrire
  • 01 42 14 30 68
  • info@cgtsg.fr