mardi, 22 juin 2021 15:02

Participation - intéressement 2022 2024 : négociation du 21 juin 2021 Spécial

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3ème round sur la P+i - 21 Juin 2021


Direction : Frédéric Claviere (directeur des affaires sociales) - Christian Day et Laurent Pontarini
CGT : Emeric Uhring, Illies DZAnouni et Philippe Fournil
CFDT, CFTC et SNB
"Le jour de la fête de la musique, c'était pas la fête partout..." 
En bref :

En toute logique (juridique), il faudrait qu’un nouvel accord « Participation + intéressement » (P+i) soit conclu avant le 30 juin pour qu’il puisse s’appliquer pour les 3 prochaines années. A 8 jours de l’échéance de l’accord actuel, les chances que ce soit le cas s’amenuisent. Ce n’est pas la richesse du dialogue social qui pose problème, mais plutôt la pauvreté de la proposition de la direction. En effet, alors que cela fait 10 ans que la direction promet de compenser (en partie) les multiples coupes dans votre rémunération par un renforcement de la P+i, sa proposition pour les années à venir ne permettrait même pas de s’approcher des standards du secteur. Que représente une rallonge de 15% quand le comblement du fossé demanderait une rallonge nettement supérieure ? Pourquoi est-il si difficile de trouver les millions d’euros supplémentaires pour les salariés quand il est si facile d’en trouver 450 pour les actionnaires ? surtout si l’on considère que la baisse de l’enveloppe des variables dépasse les 30 millions d’euros…    
La direction met en avant que la faiblesse des sommes perçues au titre de la P+i résulte surtout des performances moindres de la SG dans un contexte compliqué.  
Pour autant, dans le contexte actuel, une issue positive sur cette négociation est certainement la condition sine qua non pour espérer avancer sur l’harmonisation des statuts dans le cadre de la fusion SG / CDN.

Dans le détail :          
Avant la réunion du 21 juin, la direction a fait parvenir aux organisations syndicales différents documents :

Une nouvelle fois, le directeur des relations sociales a longuement plaidé sur les avantages et améliorations de la proposition de la direction. « J’ai entendu et pris en compte vos réactions sur la progressivité et les montants retenus. Notre nouvelle proposition est linéaire et passe directement à une amélioration de 12,5% (et si l’on tient compte de l’impact RSE à 10 millions, cela améliore la formule de 13%)."

Par ailleurs, il a insisté sur le fait que la formule de rémunération financière reposait sur des indicateurs qui ont été très fortement impactés en 2019 et 2020 par les mauvaises conditions économiques (cf. l’historique des indicateurs économiques). « Tous les indicateurs ont été pénalisants sur la distribution de la P+i et plus encore sur la distribution aux actionnaires (puisque celle-ci n’a été qu’1/8ème de ce qui était versé précédemment ».
Il s’agit du discours habituel destiné à nous faire accepter de subir les baisses de résultats alors que les salariés n’ont jamais bénéficié de leurs hausses depuis plus de 10 ans.

Pour répondre sur la faiblesse des montants proposés lors de la 1ère réunion, la direction propose « une modification qui serait la meilleure des 3 derniers accords ».  « Là, où nous versions 100, nous allons verser 125 ». Le cumul des 3 dernières années dégageait une enveloppe de 330 millions. « La formule proposée devrait donner 390, soit une majoration de 20 millions par an, environ 17 à 18% ». Enfin, l’impact du rachat d’actions pris en compte devrait rajouter 9,4 millions.  Ce que l'on ne peut pas considérer cela comme un cadeau, dans la mesure où le rachat d’actions complète le dividende et doit naturellement être compris dans la formule de calcul.

D’où la majoration finale de 25%.  

L’intégration des collègues du CDN serait pondérée sur 2022 et 2023 avec un coefficient de majoration.
L’instauration d’« un plancher (à 70 millions) en cas de RNPG inférieur à 2 milliards priverait de l’effet gommant des suppléments d’intéressement » (alors que  ceux-si jouent essentiellement sur les bas salaires). Cette diversion de la direction n’a pas réellement d’intérêt : une formule telle que nous la proposons ne donne pas d’enveloppe inférieure à 120 millions d’euros si on l’applique aux résultats des dernières années. Il ne s’agit que d’un écran de fumée destiné à embrouiller la négociation.

Pour conclure, la direction n’a pu que regretter que 2019 et 2020 aient été des mauvaises années (liées à des événements conjoncturels mais aussi structurels).

Côté syndical :           
Nous avons rappelé que notre proposition (basée sur le RBE Groupe et non plus sur un mixte RXE Groupe et BDDF) était très raisonnable et souligné que la proposition actuelle de la direction  restait « très en dessous des attentes ». Certes, on ne peut distribuer que l’argent qu’on touche, mais en attendant, ces dernières années, les salariés ont pris cher… et pas seulement sur leur P+i. L’absence d’augmentation collective (qui devait être compensée justement par l’augmentation de la P+i), la raréfaction des enveloppes d’augmentation individuelle, les enveloppes de variables individuels qui ont baissé de 30 millions par an… sont bien présents dans la tête des collègues qui font – eux aussi – les comptes. Et à ce niveau de proposition, il y aura très peu de volontaires pour rempiler pour 3 ans. Le versement de la dernière prime d’intéressement et de participation a laissé des traces douloureuses (qui s’ajoutent au contexte de réorganisations dans l’ensemble des secteurs). Seul un geste fort de la direction en matière de P+i pourrait permettre de freiner les départs de plus en plus nombreux des collègues qui vont voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. A défaut, la concurrence continuera d’attirer les salariés de la SG grâce à des rémunérations plus généreuses en plus des conditions de travail moins impactées par des réorganisations permanentes.

Nous avons aussi rappelé qu’un faible montant de P+i couplé à des modalités d’abondement défavorables empêchaient bon nombre de salariés de pouvoir bénéficier de la totalité de ce dernier. Qui peut sortir le complément pour atteindre les 4.000 euros nécessaires pour obtenir l’abondement de 2200 euros ? Certainement pas la plupart des faibles rémunérations. Nous avons proposé de bouger les curseurs pour améliorer aussi ce point. Mais sans succès. La direction peut bien proposer de passer de 2000 euros à 2200 euros l’abondement en cas de PMAS, cela ne va pas lui coûter grand-chose.

Bref, oui, la demande syndicale est élevée, tout comme l’attente des salariés. Mais elle reste indispensable pour donner un signal fort aux équipes (tant SG que CDN). C’est aussi certainement l’obstacle à surmonter pour espérer déboucher dans le cadre des négociations sur l’harmonisation des statuts et donc sur le projet SG – CDN.

Et en tout état de cause, au final, on ne distribuera pas l’argent qu’on n’a pas.

La direction a clos cette dernière réunion en précisant qu’elle allait remettre un jeu complet de projets d’accords et que, dès lors qu’elle arriverait à un accord, elle formaliserait l’engagement d’un PMAS en 2022 et d’une compensation du rachat d’actions 2021.

Il reste peu de temps. N’hésitez pas à partager vos réflexions, commentaires et positions sur ces propositions et sur la situation.

 
pi2021formule

 

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Lu 1206 fois Dernière modification le mardi, 22 juin 2021 18:45
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